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Les États-Unis et l'Inde solidifient leur partenariat stratégique |
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Écrit par Noé Chartier, La Grande Époque - Montréal
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08-10-2008 |
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La secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, serre la main du ministre des Affaires étrangères indien, Pranab Mukherjee, le 4 octobre 2008 à New Delhi. Les États-Unis et l’Inde sont en train de concrétiser une entente de coopération nucléaire qui soulève des inquiétudes, mais aussi beaucoup d’engouement pour l’industrie. Côté militaire, ce n’est rien pour atténuer la course aux armements en Asie. (Raveendran/AFP/Getty Images) Nucléaire et armements pour des relations chaleureuses
La présidence de George W. Bush tire à sa fin et certains évènements l'auront marquée de traces indélébiles. Parmi ceux-ci viennent automatiquement en tête le 11-septembre, les guerres d'Afghanistan et d'Irak subséquentes, puis la débandade économique se déroulant actuellement. Outre ses zones d'ombre, que certains qualifient volontiers de trous noirs, Bush aura peut-être aidé à donner un nouveau souffle à Washington sur la scène internationale en réussissant peu à peu à amener dans son orbite une Inde jusque-là réticente mais en plein essor.
Les conséquences de ce rapprochement ont des implications géostratégiques majeures qui ne devraient pas tarder à avoir un impact sur la scène internationale.
Le maillon fort de cette alliance s'est concrétisé dernièrement par le pacte de coopération nucléaire États-Unis-Inde. Malgré que l'Inde soit une puissance nucléaire «rebelle», non signataire du Traité de non-prolifération (TNP), le groupe des fournisseurs nucléaires a levé l'embargo sur le commerce nucléaire avec celle-ci au mois de septembre. Auparavant, l’Agence internationale de l’énergie atomique avait également donné le feu vert. Pour Washington, la voie politique de ce commerce s'est ouverte plus récemment avec l'approbation de l’entente par le Congrès et le Sénat. En fin de semaine dernière, Condoleezza Rice, secrétaire d’État américaine, était en Inde pour régler certains détails administratifs. L’entente est conclue, reste plus qu’à la signer.
L'ouverture de ce nouveau marché des atomes ne profitera cependant pas seulement aux firmes américaines. L'Europe, avec la France en tête, et la Russie pourront également s'aventurer dans le domaine. D'ailleurs, certains soulignent que ces entités ont un avantage en la matière sur les firmes américaines, que l'on juge moins à la page technologiquement.
Néanmoins, les États-Unis conserveront le crédit d'avoir fait débloqué les choses. La confiance qui s'est bâtie entre Washington et New Delhi ces dernières années semble assez profonde. Les États-Unis sont prêts à partager leur technologie nucléaire avec un État non signataire du TNP, alors qu'ils font des pieds et des mains pour empêcher – avec peu de succès – le développement d'un pays signataire, soit l'Iran.
Affinité politique diront certains, nécessité stratégique font valoir d'autres. En réalité, une heureuse combinaison des deux. L'Inde, malgré tous ses défauts, demeure un gros îlot démocratique collé sur l'instable Pakistan et la Chine dictatoriale.
L'industrie nucléaire peut certes se réjouir de ce nouveau débouché et les marchands d'armes américains en font tout autant. L'Inde achète traditionnellement une bonne partie de son armement en Russie, mais cela a commencé à changer dernièrement.
Le groupe Jane's, spécialisé en renseignement militaire, rapportait en septembre dernier la probable vente des États-Unis vers l'Inde de missiles Harpoon anti-navires d'une valeur de 170 millions de dollars. Toujours selon Jane's, New Delhi négocierait l'achat de huit avions Boeing P-81 de reconnaissance maritime (valeur de 2,2 milliards de dollars). Ceci fait suite à l'achat de six avions de transport C-130J-30 de Lockheed Martin au coût de 962 millions de dollars plus tôt cette année.
L'Inde cherche également à se doter de nouveaux avions de chasse et plusieurs fabricants de différents pays sont en lice pour obtenir le contrat de 10 milliards de dollars. Advenant l'octroi du contrat à une firme américaine, Boeing ou Lockheed Martin, l'engagement de New Delhi envers Washington ne laisserait plus beaucoup de doutes.
Outre l'armement, les deux pays négocieraient pour conclure une entente permettant aux armées des deux pays d'utiliser réciproquement les installations militaires de l'autre pour l'entretien, les soins médicaux, le ravitaillement et les communications.
Contrer la Chine Chez les analystes, on estime que le rapprochement indo-américain vise avant tout à contrer l'influence de la Chine dans la région.
Si des percées diplomatiques sont survenues entre New Delhi et Pékin ces dernières années, les deux pays les plus peuplés de la terre possèdent davantage de pommes de discorde que de fruits à partager. D’une part, des disputes territoriales ne sont toujours pas résolues et s’étaient soldées par une guerre à l’avantage de la Chine en 1962. D’autre part, l’Inde abrite le gouvernement tibétain en exil et celui que le régime chinois considère comme le diable en personne, soit le Dalaï-lama. Plus encore, Pékin demeure un soutien de longue date à Islamabad, ennemi juré de New Delhi.
Outre ces aspects que certains pourraient être tentés de ramener à du simple folklore, il y a des réalités stratégiques qui commencent à inquiéter le leadership des deux pays.
L’approvisionnement en hydrocarbures de la Chine se fait largement par voie maritime, si bien que certains analystes considèrent actuellement le détroit de Malacca – entre la Malaisie et l’Indonésie – comme le talon d’Achille de Pékin. L’Inde, en tant que net compétiteur pour les ressources naturelles et pour l’influence politique dans la région, représente un obstacle au plan de domination asiatique de la Chine.
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