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Une campagne de grèves rotatives de la faim ayant été instiguée par un avocat renommé et d’autres activistes des droits humains en Chine se répercute maintenant au Canada et dans plusieurs autres pays dans le monde. La semaine dernière, un leader du mouvement démocrate chinois ainsi qu’un ex-chef judiciaire en Chine sont, l’un après l’autre, allés participer aux grèves rotatives de la faim se déroulant devant le consulat chinois de Toronto pour appuyer celles ayant cours en Chine. L’avocat chinois Gao Zhisheng, à l’origine du mouvement international de grèves rotatives de la faim, alors qu’il se trouvait dans le nord de la province de Shaanxi, en Chine. Les grèves de la faim, selon les participants, devraient se poursuivre jusqu’à ce que le régime communiste chinois cesse ses persécutions. photo : La Grande Époque | La grève a été démarrée par l’avocat chinois Gao Zhisheng (classé «action urgente» par Amnesty International), qui a défendu en Chine des paysans, des chrétiens de l’Église clandestine et des pratiquants de Falun Gong, au grand dam des autorités communistes de Beijing.Au moins dix autres dissidents chinois renommés se sont joints à Gao le 4 février pour lancer les grèves de la faim à relais en réponse à ce qu’ils qualifient d’une récente augmentation des violations des droits humains et des injustices judiciaires à l’intérieur de la Chine. Le groupe a offert une critique incisive du régime communiste chinois dans sa déclaration annonçant les grèves de la faim, citant «la détérioration extrêmement rapide de la situation des droits humains en Chine», «le fait que le système légal a dégénéré dans sa force de dissuasion la plus perverse, empêchant les citoyens de protéger leurs droits fondamentaux», et «la persécution effrénée du régime communiste pervers à l’égard de citoyens chinois, qui fait des ravages alors que les victimes sont totalement sans défense». Gao a débuté la grève après avoir appris que la police chinoise avait battu un autre avocat de droits humains, Guo Feixiong, lui qui avait aidé les villageois de Taishi, dans la province de Guangdong, a demandé un traitement équitable et une véritable démocratie municipale. La déclaration du Groupe des grèves rotatives de la faim pour l’appui des droits humains (GGRFADH), le groupe de Gao, indique que les grèves de la faim sont aussi en appui à l’activiste de droits humains, Gao Kunwu, qui a récemment été battu par des gangsters, et Wu Xianghu, assistant-rédacteur en chef du journal Taizhou Evening News, battu à mort par la police le 5 février pour avoir rapporté que la police chargeait des frais arbitraires aux citoyens. À Toronto, un jour après que Gao eut annoncé la grève de la faim, l’activiste démocrate et reporter de Radio Free Asia, Sheng Xue, était devant le consulat chinois à Toronto en train de jeûner. D’autres sont venus le jour suivant. Le mardi également, Han Guangsheng, un ex-chef judiciaire dans la ville de Shenyang au nord-est de la Chine, est allé sur les lieux pour exprimer son appui. Han, qui était responsable de superviser quatre camps de travaux forcés et une prison en Chine, s’est enfui au Canada en 2001, disant qu’il ne pouvait plus tolérer d’être témoin de la persécution d’innocents pratiquants de Falun Gong dans ses camps. Han dit qu’il avait essayé de mettre un terme aux abus, dont l’électrocution d’une adolescente de quinze ans, et il demande le statut de réfugié au Canada. Il est devenu un franc critique du régime communiste chinois. Le mardi 7 février, Han a livré deux messages importants. Premièrement, il a dit que le Parti communiste au pouvoir n’a aucun moyen de réduire l’agitation sociale grandissante en Chine. Il a fait la comparaison avec un barrage essayant de contenir une rivière qui déborde. Sans canal pour faire passer l’eau, la rivière risque de déborder. Deuxièmement, il a dit que Gao, un avocat, qui doit faire la grève de la faim pour être entendu, indique l’état des droits humains en Chine aujourd’hui. Han croit que la grève de Gao éveillera la conscience de la communauté légale et il a ajouté que plusieurs avocats se moquent de la loi sous les directives du Parti communiste, mais Gao pourrait être un nouvel exemple pour eux. «Récemment, les cas de contrôle médiatique et de violations de droits humains ont été de plus en plus sévères. J’espère que cela attirera l’attention de la communauté internationale sur les droits humains en Chine et que davantage de Chinois et d’avocats s’éveilleront», a dit Han. L’idée derrière les grèves rotatives de la faim est que ceux qui sont impliqués participent, un jour à la fois, avec diverses équipes de gens à travers le monde. Les grèves continueront jusqu’à ce que le régime communiste chinois cesse sa persécution illégale de ses propres citoyens, affirment les participants. Un avocat de droits humains et d’immigration de Toronto, Joel Etienne, s’est aussi joint au mouvement par «solidarité avec son collègue» Gao Zhisheng, a-t-il écrit dans un communiqué de presse. Il a fait la grève de la faim le 10 février. Gao explique : «Quand on arrive au point où quelqu’un est amené à l’extérieur d’une station de police et qu’il est battu sur les lieux devant les policiers, rapporter quoi que ce soit à la police devient totalement insignifiant. Dans de telles circonstances, le peuple chinois est dans une situation où il n’a pas de protection et ne peut pas se protéger. Donc, nous utilisons la grève de la faim pour protester contre ce chaotique et terrible environnement.» Gao a reçu l’attention de la communauté internationale l’année dernière après avoir écrit trois lettres ouvertes aux dirigeants du Parti communiste chinois (PCC), leur demandant de mettre un terme à la persécution du Falun Gong et à d’autres violations des droits humains. En conséquence, sa firme d’avocats a été fermée par le régime, il a été mis en maison d’arrêt et a été victime d’une tentative d’assassinat en janvier. Gao a encouragé d’autres avocats à aller de l’avant pour défendre les droits humains et maintenant, avec le GGRFADH, lui et seize autres défenseurs des droits humains ont créé une plate-forme qui peut être adoptée par quiconque à travers le monde pour protester contre les iniquités du PCC. Gao a écrit, pendant sa grève de la faim : «Nous avons sans relâche promu des moyens non violents et non sanglants, mais cela ne veut vraiment pas dire que nous allons abandonner notre résistance. Quand les voies légales sont bloquées, nous devons nous rabattre sur nos corps physiques, soit le moyen le plus primitif de protester. Ce fait même révèle dans quelle triste époque nous vivons. Toutefois, si chaque personne peut participer pendant un jour à la grève de la faim, et si chacun fait entendre sa voix pour demander la fin de la persécution, le sens de nos actions sera réalisé dans nos efforts futurs. Au départ, certaines personnes riront peut-être même de nous, mais pour la dignité de base de l’humanité, nous allons continuer jusqu’à ce que la persécution se termine.»
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