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Gao Zhisheng échappe à une tentative d’assassinat Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Zhao Zifa La Grande Époque   
24-01-2006
L’avocat chinois renommé Gao Zhisheng a écrit trois lettres ouvertes aux dirigeants chinois au sujet de la persécution brutale et continuelle que le régime communiste chinois fait subir aux pratiquants de la méditation Falun Gong. Par la suite, il a été surveillé de près et harcelé par des policiers en civil pendant plus de 90 jours. Le régime communiste a déjà essayé d’incarcérer Gao, mais s’est attiré une avalanche de critiques par téléphone et par la poste provenant de Chinois et d’étrangers.
Gao Zhisheng
Une voiture de police fantôme est stationnée en permanence devant la résidence de l’avocat Gao Zhisheng qui a récemment été victime d’une tentative d’assassinat. Le régime communiste chinois est incapable de tolérer cet homme qui défend les opprimés avec les propres lois chinoises. photo : La Grande Époque
Au cours de la nuit du 17 janvier 2006, Me Gao Zhisheng a failli être victime d’un «accident» d’automobile orchestré par des policiers en civil. Lorsqu’il est sorti de sa voiture pour aller vérifier la plaque d’immatriculation de l’autre automobile, cette dernière a essayé de le renverser. M. Gao a réussi à esquiver la voiture qui fonçait vers lui et a échappé à cette tentative de meurtre.

Racontant son expérience, Gao a dit : «J’ai toujours senti que Dieu m’aidait et en effet Dieu m’aide. Mon temps de réaction pour freiner et éviter l’accident n’était pas celui d’une personne ordinaire et mon agilité pour esquiver la voiture qui fonçait vers moi est aussi incroyable.»

Après l’incident, Gao a reçu plusieurs appels téléphoniques d’encouragement. Il a dit : «Je ne pensais pas que ma vie en tant que personne ordinaire et ma sécurité auraient préoccupé tant de concitoyens. Encore aujourd’hui, des amis de l’ambassade américaine et du gouvernement français m’ont appelé. J’ai reçu plusieurs, plusieurs appels de gens exprimant leur appui.»

L’«accident» de voiture

Gao Zhisheng a écrit une courte lettre la nuit du 17 janvier :
«Aujourd’hui à 22 h 24, alors que je conduisais à une vitesse rapide habituelle, une petite voiture devant moi, dont la plaque d’immatriculation était couverte par un journal, a freiné brusquement. Il était clair qu’il s’agissait d’une tentative délibérée de provoquer un accident pour laisser paraître que je les avais tamponnés avec une “mauvaise intention”. Après avoir arrêté ma voiture avec un effort considérable, la distance séparant les deux véhicules était de moins d’un centimètre! Je suis sorti de mon auto et je suis allé vérifier la plaque à l’avant de l’autre voiture, car celle de derrière était cachée. La voiture a démarré et m’a heurté. Ma réaction a été miraculeusement rapide. J’ai perdu l’équilibre, j’ai laissé mes empreintes sur le capot de la voiture. J’ai sauté dans une plate-bande sur le bord de la route.

Puis la voiture a reculé rapidement et est partie, le journal couvrant la plaque d’immatriculation arrière est tombé accidentellement, révélant le numéro JingEB8233. Il s’agit d’une immatriculation militaire. Je vous prie de publier rapidement cette nouvelle sur Internet. [Signé] Gao Zhisheng, qui a presque été tué dans un accident d’automobile, le 17 janvier 2006.»

«JingEB8233» est l’une des deux nouvelles voitures utilisées pour surveiller Gao, comme il l’a mentionné dans un de ses articles du 31 décembre (version chinoise de La Grande Époque). «Il y a deux jours, le nombre de véhicules qui me suit chaque fois que je sors de chez-moi est soudainement passé du quatre habituel à sept, dont une Mercedes et une BMW. Toutefois, aujourd’hui quand je suis sorti, le nombre de véhicules me suivant était rendu à neuf. Les deux voitures supplémentaires portent le numéro de licence “JingFF6034” et “JingEB8233”.»

Entrevue du 18 janvier avec Me Gao Zhisheng

«Hier soir, les événements sont survenus soudainement. Il y avait plusieurs voitures qui me suivaient et celle derrière moi était une voiture militaire. Les plaques d’immatriculation à l’avant et à l’arrière du véhicule étaient recouvertes de papier journal. Les plaques de l’auto qui m’a heurté étaient aussi recouvertes.

«Hier, j’étais en entrevue avec un ami d’Australie. Après l’entrevue j’ai quitté tôt, je ne voulais pas qu’il quitte avant moi. C’est parce que peu importe la personne avec qui j’entre en contact, ils [la police] lui feront un mauvais parti et suivront cette personne. Je ne veux pas que d’autres soient suivis, alors je lui ai dit que je partirais en premier.

«Étant donné que le trafic de 22 heures à Beijing est assez léger, quand je suis sorti, nous roulions tous très vite. La plaque d’immatriculation de la voiture devant moi était couverte d’un journal.

«Après avoir conduit à vive allure pour deux ou trois minutes, la voiture a freiné brusquement. À cette vitesse, un accident de voiture est très dangereux, car je l’aurais inévitablement frappé. Il aurait pu dire que j’avais volontairement entré en collision avec lui. La police aurait eu un motif pour m’arrêter, car je l’aurais enfoncé «délibérément».

Véritable expérience d’être béni par Dieu

«Il y a autre chose. À la vitesse à laquelle j’allais, si j’avais réagi un tantinet moins vite, j’aurais été au moins sévèrement blessé. Il a freiné brusquement et je devais rejoindre la pédale de frein. Quand nous nous sommes immobilisés, ma voiture était si proche de l’autre que je ne pouvais même pas y insérer mon doigt entre les deux.

«Je ne pouvais pas voir la plaque de l’autre personne. Quand j’ai couru à l’avant pour voir son autre plaque, il a foncé sur moi à haute vitesse. Je suis certain que l’intention de ce conducteur était de me tuer ou de me mettre hors service.

«J’ai raconté à plusieurs amis qu’en effet des divinités me protègent. Je me suis rapidement retourné, j’allais commencer à m’appuyer sur sa voiture, mais je suis plutôt tombé de l’autre côté. Ma main droite était sur le dessus de son capot. J’ai appuyé dessus avec force et ensuite j’ai sauté dans une plate-bande sur le bord de la rue.

«C’est parce que derrière lui arrivait un véhicule militaire. Si je n’avais pas quitté les lieux rapidement, cette voiture aurait terminé le travail. Il est certain que si la première voiture ne pouvait compléter la mission, la seconde serait venue le faire.»

C’est l’instinct qui m’a contrôlé

«Au cours de la vie normale, nous avons toujours dit fermement de ne pas craindre la mort. Il s’agit d’utiliser notre intention pour contrôler nos émotions. Toutefois, hier soir quand tout s’est produit si soudainement, j’ai senti que ce ne sont pas nos intentions qui nous contrôlent, mais notre instinct.

«Cet instinct a créé mes réponses physiologiques. Mon coeur a continué à battre à 100 milles à l’heure. Je me suis accroupi dans le jardin pour quatre ou cinq minutes, ensuite je suis lentement remonté dans la voiture. Ensuite, je suis demeuré assis sans bouger pour six ou sept minutes. Je voulais d’abord me calmer avant de repartir.

«Toutefois, environ dix minutes plus tard, leurs voitures – deux voitures ayant la même apparence fantomatique – sont revenues. À leur retour, il y avait un badaud qui observait. Je savais que le papier journal qui cachait la plaque arrière de la voiture était tombé.

«À ce moment, je me suis dirigé vers eux dans une hâte inconcevable. J’ai arraché le journal cachant la plaque avant de la voiture qui m’avait heurté. Ensuite, je suis allé vers le véhicule militaire et au moment où j’allais enlever le journal couvrant sa plaque, les deux véhicules se sont enfuis.»

Habituellement une douzaine de voitures. Hier, seulement deux

La Grande Époque (LGÉ) : Est-ce que vous connaissez les conducteurs de ces deux voitures?

Gao Zhisheng : Je ne les connais pas. Les pare-brise et les vitres étaient trop sombres pour qu’on puisse voir à l’intérieur, même en plein jour. Les gens utilisent habituellement leurs pare-soleil quand le soleil est fort. Toutefois, les policiers en civil qui me suivent utilisent les leurs jour et nuit, donc il est pratiquement impossible de voir leurs visages.

LGÉ : Quel était la marque du véhicule militaire?

M. Gao : C’était une Volkswagen Santana.

LGÉ : Vous êtes certain que le numéro de la plaque d’immatriculation que vous donnez est celui de la voiture qui vous a suivi hier?

M. Gao : Oui, définitivement. Quand je suis arrivé chez moi hier soir, ma femme a dit que ce numéro de plaque était très familier. Plus tard, je suis passé au travers du registre des voitures qui m’ont suivi auparavant et il apparaît que cette voiture m’a déjà suivi le 30 décembre.

LGÉ : Que pensez-vous de cet incident? Qu’ils voulaient vous tuer?

M. Gao : En rétrospective, je crois qu’ils planifiaient m’assassiner. Il y a normalement dix voitures qui me suivent, mais hier soir, il y en avait seulement deux. De plus, les plaques de ces deux voitures étaient recouvertes de journaux.

Impossible d’analyser une bande de chiens enragés

LGÉ : Pourquoi voudraient-ils adopter cette tactique et qu’en pensez-vous?

M. Gao : Je ne sais pas comment analyser cela. Ils sont une bande de chiens enragés.

LGÉ : Depuis quelque temps, le peuple chinois vous considère comme un représentant des réformateurs démocratiques de la Chine.

M. Gao : C’est parce qu’il [le régime communiste chinois] a toujours profondément détesté cela.

Nostalgie

LGÉ : Vous avez dit à Zhao Xin, le fils de Zhao Ziyang [ancien secrétaire du Parti communiste chinois, mort l’année dernière alors qu’il était en maison d’arrêt depuis le Massacre de Tian An Men en 1989. M. Zhao voulait éviter une conclusion violente aux manifestations étudiantes, mais le Parti communiste n’a pas toléré son esprit réformiste, l’a emprisonné et a massacré les étudiants chinois], que nous devons aussi payer un prix et nous sacrifier pour ce processus de transition.

M. Gao : Nous sommes toujours prêts mentalement. J’ai dit à Zhao Xin à plus d’une reprise que nous sommes en train de payer le prix. Parfois, le prix peut être la douleur physique et mentale, la liberté, ou quelque chose comme ce qui m’est arrivé. Nous considérons le prix à payer comme faisant partie de notre destin.

Si j’étais entré hier à grande vitesse en collision avec l’autre voiture, j’aurais été blessé grièvement ou j’aurais complètement détruit l’autre voiture, causant des blessures à l’autre conducteur. Si cela était arrivé, j’aurais pu être accusé de meurtre et être arrêté.

LGÉ : Que pensez-vous d’un gouvernement qui utilise de telles tactiques?

M. Gao (en souriant) : La vraie honte et tristesse du peuple chinois est qu’il doit encore l’appeler «gouvernement».

LGÉ : Croyez-vous qu’il y a quelque chose qui vaudrait une certaine nostalgie?

M. Gao : En ce qui concerne le régime, il n’y a rien qui vaille la nostalgie. Moi, de mon côté, j’ai plusieurs raisons de l’être. Quand je me lève le matin et que je vois mon enfant, je vois la beauté de la vie!

Parfois, la vie et la mort ne sont qu’une circonstance. Il est possible que ma fille perde son père alors qu’elle est en train de dormir. Donc, quand je me suis réveillé ce matin, j’ai pris ma fille et je l’ai embrassée, même si elle ne peut en saisir toute l’implication.

Les desseins de l’Homme sont inférieurs à ceux du Ciel

LGÉ : Zhuge Liang a déjà dit : «Je crois que Dieu contrôle ma vie.»

M. Gao : Oui, exactement! J’ai dit à Zhao Xin que les plans de l’Homme sont inférieurs à ceux du Ciel.

Tout au long de l’incident, j’ai toujours ressenti que Dieu m’aidait et Dieu est bel et bien de mon côté.

La vitesse avec laquelle j’ai réagi quand j’ai appliqué les freins n’était pas celle d’une personne ordinaire. Aussi, mon temps de réaction quand j’ai esquivé la voiture qui fonçait sur moi dépasse mon imagination.

LGÉ : Après un incident du genre, plusieurs personnes veulent probablement vous protéger.

M. Gao : Me protéger? Puis-je être protégé? Ils vont vous tuer avec des manières que vous ne pouvez imaginer.

LGÉ : Maître Gao, si par malheur vous étiez... si quelque chose vous arrivait?

M. Gao : Rien ne va m’arriver, car Dieu n’a pas prévu cela. Ce sont eux qui rencontreront des ennuis.





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