Tony Blair et Angela Merkel à Londres (Getty Images) |
L'Europe doit prendre le leadership et mettre au point une stratégie commune pour lutter contre le réchauffement climatique, a affirmé vendredi la chancelière allemande Angela Merkel à Londres, où elle rencontrait le Premier ministre britannique Tony Blair.
« L'Europe a besoin d'une stratégie pour le moment où le protocole de Kyoto arrivera à échéance, en 2012 », a déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse commune avec son homologue britannique.
« Nous devons tout faire afin de lancer un cri d'alarme à tous les pays », sur cette question. « Le changement climatique est l'un des grands défis du siècle », a-t-elle plaidé.
Et alors que les Etats-Unis ne sont pas signataires du protocole de Kyoto, elle a insisté sur la nécessité de les associer à tout nouvel accord international. « Nous avons la tâche très importante de persuader nos amis américains et canadiens qu'il s'agit d'une question très importante pour nous tous », a-t-elle déclaré.
Après « la publication du rapport Stern cette semaine, il est très important que nous fassions tout ce que l'on peut pour créer le juste cadre pour un accord international sur cette question », a de son côté déclaré M. Blair.
« Nous avons eu une très bonne discussion sur le changement climatique, et l'intérêt partagé de nos deux pays à voir des progrès sur cette question », a-t-il insisté.
Dans ce rapport publié lundi à Londres, Sir Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, a lancé un appel à la mobilisation de l'ensemble de la communauté internationale pour lutter contre le changement climatique.
Le réchauffement de la planète pourrait causer une récession économique « d'une ampleur catastrophique », a-t-il estimé dans ce document commandé par le gouvernement britannique.
Mme Merkel, dont le pays prendra le 1er janvier la présidence semestrielle tournante de l'Union européenne et, pour un an, la présidence du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni), a affirmé que cette question serait sa priorité.
Elle a également souligné qu'il n'y avait « pas de véritable compatibilité » entre les efforts en Allemagne et certaines règles européennes en matière de lutte contre le réchauffement du climat. Des « instruments à l'échelle européenne » sont nécessaires, a-t-elle estimé.
Pour M. Blair, la présidence allemande du G8 et de l'UE offre une « vraie opportunité » pour des progres. Il a également exprimé l'espoir que les Etats-Unis puissent prendre part à un nouveau accord international sur le changement climatique, en particulier à la faveur de la prise de conscience au niveau de certains Etats américains sur la nécessité de recourir à des énergies propres.
Autres sujets à l'ordre du jour de la rencontre, le Proche-Orient, le sommet de l'OTAN à Riga fin novembre et l'Afghanistan, où les deux pays ont déployé des troupes.
A propos du Proche-Orient, Mme Merkel a estimé que « le processus de paix devait être ranimé », au moment où une offensive de l'armée israélienne a fait 28 morts en trois jours dans la bande de Gaza.
Et alors que Londres a dépêché à Damas un émissaire de haut rang cette semaine, Mme Merkel a estimé qu'il fallait « donner aux Syriens une chance de montrer qu'ils sont prêts à jouer un rôle constructif s'ils le veulent ».
M. Blair, qui a lui-même fait de cette question l'une de ses priorités, doit se rendre dans la région d'ici à la fin de l'année.
L'Afrique a enfin figuré en bonne place au menu des discussions entre les deux dirigeants. Mme Merkel a indiqué qu'elle entendait à ce titre poursuivre l'action contre la pauvreté engagée par la Grande-Bretagne en 2005, alors que Londres assumait simultanément les présidences du G8 et de l'UE.
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