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Les délégués de la 12e conférence internationale sur le climat ont souligné mardi le besoin impératif de mécanismes d'adaptation au changement climatique, qui menace de destruction une partie du patrimoine culturel et naturel de l'humanité.
Le « changement climatique s'accélère (...) et ses conséquences seront dangereuses à une large échelle si la température globale augmente de plus de 2°C au-dessus du niveau préindustriel », a prévenu à Nairobi Lars Müller, spécialiste du changement climatique au sein de la Commission européenne.
« Nous connaissons déjà une augmentation de 0,7°C depuis 1900 », a-t-il ajouté.
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Lars Muller specialiste du changement climatique. Source: AFP |
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Face à cette situation, l'un des enjeux majeurs débattus à la conférence est le renforcement des capacités d'adaptation des pays, notamment les plus démunis, aux modifications du climat.
Les pays en voie de développement, qui font généralement valoir qu'ils n'ont pas à subir les conséquences des modes de vie excessifs et hyperconsommateurs des pays industrialisés, réclament davantage de soutien.
La conférence se tient pour la première fois en Afrique sub-saharienne, très vulnérable et touchée de plein fouet par le réchauffement, manifesté par des épisodes de sécheresse, d'inondations dramatiques et de précipitations de plus en plus irrégulières.
Selon Halldor Thorgeirsson, du secrétariat de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (CCUNCC), les mesures d'adaptation doivent notamment « réduire la vulnérabilité économique » au réchauffement.
S'agissant du financement, « le Fonds d'adaptation (prévu dans le Protocole de Kyoto) ne dispose actuellement que de 3 M USD parce que le Mécanisme de développement propre (MDP) en est seulement à ses débuts », a commenté Yvo de Boer, secrétaire exécutif du CCUNCC.
Le MDP est un dispositif de Kyoto permettant aux gros pollueurs de financer des projets énergétiques et industriels « propres » dans les pays en développement pour réduire leurs factures de gaz à effet de serre.
Le Fonds d'adaptation doit être alimenté par des prélèvements sur les projets MDP.
S'adapter ne signifie pas pour autant renoncer à lutter contre le réchauffement, ont fait valoir une partie des participants.
Ainsi, lors des débats de mardi, M. de Boer a relevé un « assez large consensus, au moins en ce qui concerne l'UE, le Japon et la Norvège (sur la nécessité d'entreprendre) des actions supplémentaires » dont les pays industrialisés « doivent prendre la tête ».
La Commission européenne a d'ailleurs souligné que l'Europe se réchauffait déjà plus vite que la moyenne mondiale.
Le réchauffement pourrait s'avérer désastreux pour une partie du patrimoine culturel et naturel de la planète, y compris dans les pays industrialisés, a prévenu le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).
« Des trésors sans prix sont menacés par l'élévation du niveau des océans, par des inondations et des tempêtes », note-t-il dans un rapport en réclamant des mesures rapides pour éviter la destruction de monuments historiques notamment.
Parmi les sites les plus menacés, figurent la barrière de corail de Belize, décrite par Charles Darwin en 1842 comme « le corail le plus remarquable des Antilles », des monuments en Egypte ou encore des trésors pré-incas dans le parc national de Huascaran au Pérou: ainsi, un temple datant de 900 avant Jésus-Christ est menacé par la fonte des glaciers dans les Andes.
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