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Radio Le son de l'espoir Un jour, un prêtre taoïste vint prendre pension chez la vieille dame qui gagnait sa vie en vendant du vin jaune. Pour la remercier, il lui proposa de lui creuser un puits…. © photo.com |
Au creux des collines de Hefu, à trente li environ de mon village, se dresse un très vieux sanctuaire : le sanctuaire de Wang-Po-le vieux Wang.
Nul ne se souvient à quelle époque vécut ce vieux Wang à qui le sanctuaire doit son nom, mais les anciens racontent encore son histoire.
Le vieux, dit-on, gagnait sa petite vie en vendant du vin jaune, breuvage qu’il fabriquait, comme il est d’usage en Chine, à partir de céréales fermentées.
Un jour, un prêtre taoïste vint à passer au village et prit pension chez le vieux Wang. Il lui servit de son vin jaune, autant qu’il pouvait en boire, sans jamais lui réclamer un sapèque. A la longue, ce furent des centaines de jarres qui s’envolèrent de son cellier.
Pour finir le prêtre dit à Wang :
- J’ai bu de votre vin à satiété, alors que je ne pouvais vous payer. Permettez-moi en retour de creuser un puits pour vous.
Il se mit à l’ouvrage, creusa, maçonna le puits promis… Et de ce puits jaillit, non de l’eau, mais un vin exquis des plus purs. Reprenant son bâton de pèlerin, le saint homme dit sobrement :
- Voilà, ceci est en simple échange de remerciement.
Quel trésor était ce puits ! Plus besoin de faire macérer les herbes, ni de fermenter les céréales, plus besoin de mettre le tout en jarres. Pour satisfaire ses habitués, le vieux Wang n’avait qu’à tirer des cruchons de son puits. Son vin jaune était meilleur que jamais. Les clients se passèrent le mot et bientôt la foule se pressa dans son modeste établissement.
Au bout de trente ans, il avait amassé des milliers de sapèques et savourait les plaisirs de l’aisance.
Or, le prêtre qui avait creusé ce puits béni revint à passer à l’improviste et frappa à sa porte.
Le vieux Wang le remercia avec effusion. Le voyageur lui demanda :
- Le vin est-il à votre goût ?
- Il est bon, je ne dirai pas le contraire… Mais il à tout de même un petit défaut : à cause de lui je n’ai plus de résidus pour engraisser mon cochon !
Le taoïste sourit, et sur le mur écrivit :
Il creusa le puits, il vendit le vin,
Et que croyez-vous qu’il advint ?
Voilà qu’il se plaignit encore :
Plus rien à manger pour ses porcs !
Là-dessus, il reprit son chemin, et jamais plus le puits magique ne donna une goutte de vin.
Certains moines taoïstes buvaient à en perdre la conscience pour parvenir dans un état second qui leur permettait d'entrer dans d'autres dimensions, tout comme les chamans d'Amérique du Sud etc.
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