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Le Néolithique ne manque pas de sel Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par CNRS   
11-11-2006

La plus ancienne exploitation de sel connue à ce jour en Europe a été découverte et datée par des chercheurs du Laboratoire de chrono-écologie et du musée roumain d’histoire et d’archéologie de Piatra Neamt, sur le site moldave de Poiana Slatinei . « Une première, explique Olivier Weller, archéologue spécialiste du sel, car on ne pensait pas que le sel était exploité dès le Néolithique ancien. » Cette découverte, les chercheurs la doivent à un impressionnant monticule de charbons de près de trois mètres de haut, témoin de cette activité du passé. Ils y ont prélevé neuf échantillons pour leurs datations au carbone 14, qui attestent d’une exploitation continue dans le temps : entre 6050 et 5500 avant J.-C.


Olivier Weller de tourner en dérision la difficulté majeure du terrain : « Le sel, notre objet de recherche, est dissous ! Nous pratiquons une archéologie de l’invisible. » Pour mieux comprendre la présence de ces charbons, il faut oublier marais salants et mines de sel et visualiser la source d’eau salée d’alors qui, soumise à évaporation par le feu, permettait cette production. Mais habituellement, subsistent des bris de moules en terre cuite, qui servaient à cristalliser et à mouler le sel en pains. Ici, aucun. « On sait aujourd’hui par nos observations ethnographiques, poursuit le chercheur, qu’il existe en Nouvelle-Guinée des techniques de fabrication du sel à partir de sources salées sans récipients ni fourneaux. »


Les scientifiques ne sont pas au bout de leurs surprises, car ils ont découvert en 2005 un autre site d’exploitation à quelques kilomètres du premier. La production ne semble pas seulement répondre à des besoins nutritionnels. Elle aurait pu aussi servir à échanger ou stocker des richesses, réguler les tensions sociales dans ce contexte de colonisation néolithique…


Pour étayer ces nouvelles hypothèses, d’autres analyses – chimiques, palynologiques… – serviront à préciser les savoir-faire et l’ampleur de l’organisation socio-économique qui se cache derrière ces monticules. Dans tous les cas, l’exploitation de sel semble avoir été particulièrement dynamique au Néolithique, une géopolitique du sel qui nous échappe encore !





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