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La septième édition du Forum Labo & Biotech s’est déroulée du 28 au 31 mars dernier au CNIT Paris-La Défense. Organisée par le Comité interprofessionnel des Fournisseurs du Laboratoire (CIFL) présidé par Jean-François Briois et dotée d’un comité scientifique présidé par le Dr Pascal Kintz, de Strasbourg, le service de presse étant assuré par Comevent International à Argenteuil, elle a rassemblé plus de 300 exposants (en augmentation de 10 % par rapport à 2004, la manifestation ayant lieu tous les deux ans) répartis sur plus de 18.000 m², parmi lesquels 13 entreprises présentes pour la première fois. Elle a accueilli plus de 8.500 visiteurs (dont près de la moitié de province et de l’étranger), chercheurs, techniciens en quête d’information sur les nouveaux produits et matériels, porteurs de projets d’investissement à court terme. Elle comportait encore une centaine d’ateliers technologiques. Quelque 150 conférences ou communications du plus grand intérêt ont émaillé les journées scientifiques et ont illustré brillamment une dizaine de thèmes principaux, tous voués aux techniques analytiques ou séparatives les plus fines et le plus souvent d’avant-garde, dans le domaine des protéines ou autres molécules, éventuellement à l’état de traces : citons, par exemple, la « Recherche de bio-marqueurs protéiques du cancer par l’approche MAPP in-IT (Multiple Affinity Protein Profiling-Ion Trap) » ayant pour but de permettre la mise au point d’un test de dépistage sérique de cette pathologie. Parmi ces marqueurs figurent des protéines présentes dans le tissu sain, quoique modifiées lors de la cancérogénèse, mais aussi des protéines spécifiques de la tumeur. La technique mise au point par Magalie Duchateau et son équipe (Université de Paris XIII, Bobigny) permet une isolation beaucoup plus efficace de ces bio-marqueurs que par les méthodes de détection classiques, puis après digestion enzymatique et séparation, l’identification des peptides en résultant en spectrométrie de masse (spécialement adaptée). En fait, les techniques analytiques de pointe s’appliquent à toute recherche dans tout domaine sans exception et pas seulement dans le domaine médical. C’est ainsi que des communications ont concerné la « Recherche à large spectre et quantification de pesticides dans les eaux » (Patrick Edder et collaborateurs, service de Protection de la consommation, Etat de Genève, Suisse), ou encore l’« Analyse de débris recueillis après explosion pour rechercher des traces d’explosifs » (Laboratoire central de la Préfecture de police, Paris). Mais il a été question aussi d’« utilisation de l’extraction liquide sous pression pour la détection d’anti-inflammatoires non stéroïdiens dans les crottins de chevaux » (LCH, Dionex), etc. Les communications liées à l’activité Nous devons donc nous limiter aux communications – déjà très nombreuses – apportant une réponse aux problèmes ou crises les plus actuels, qui impliquent de plus en plus de traçabilité, et donc de coûts, et entraînent un durcissement des réglementations, parfois jusqu’à l’absurdité bureaucratique. Les exemples ne manquent pas pour illustrer ce contraignant contexte : l’utilisation massive d’insecticides pour lutter contre le chikungunya, le suivi aux Antilles de la contamination de la chaîne alimentaire par l’insecticide « chlodécone », l’analyse des départs de feu, le contrôle de l’eau, l’analyse des denrées alimentaires… La grippe aviaire Un problème vedette est celui de la grippe aviaire, largement évoqué par Qiagen (à Courtaboeuf, 91) exposant au forum Biotech, fournisseur à l’Institut Pasteur de son kit artus ® Influenza/H5 LC RT-PCR pour la détection rapide de tous les virus de la grippe de types A et B et particulièrement du sous-type H5 (le H5 N1 est un virus de type A). Le Centre national de la Grippe, émanation de l’Institut Pasteur, l’a évalué avec succès, et reconnu tant sa spécificité que sa sensibilité et sa capacité à fonctionner à haut débit avec la plate-forme automatique « Biorobot MDX ». Par ailleurs existent de bons antiviraux, en particulier de chez Roche Diagnostics (38242 Meylan), exposant au Forum Biotech, de telle sorte à ce que l’on puisse considérer être en bonnes conditions pour affronter une pandémie éventuelle, et sans doute pour l’éviter…! Les carrières de la recherche Les activités « Labo » et « Biotechnologies » sont-elles une mine d’emplois ou faut-il ne s’y engager que sur la pointe des pieds ? Cette conférence, prononcée par le Pr. Philippe Garrigues, directeur du Centre de Recherche en Chimie moléculaire de l’Université de Bordeaux 1 et donnée sous le haut patronage du Ministère délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche a attiré deux cents jeunes diplômés directement intéressés. Le Professeur Garrigues a essentiellement comparé les conditions proposées en France à celles que l’on peut rencontrer à l’étranger, spécialement aux Etats-Unis, qui apparaissent comme disposant des moyens de recherche les plus puissants et structurés par le biais universitaire, mais aussi l’Allemagne, qui paie mieux ses chercheurs et selon des critères plus élaborés que la France, par exemple ; de plus, le « climat » français est moins favorable ; y règnent des jalousies à l’égard de ceux qui sont brillants et peu enclins à adopter le profil un peu technocratique qui permet de se maintenir plus sûrement dans ce type de carrière, en privilégiant une certaine forme d’esprit organisationnel et politique. D’autres intervenants, attachés à Qiagen, Waters, Thermo Electron, sont venus faire part de leur expérience et de leur vécu et ont ainsi complété le propos du Pr. Garrigues. En moyenne, la rémunération de début d’un chercheur en France est de l’ordre de 2.000 € par mois. La conférence plénière Prononcée par le Professeur Étienne-Émile Baulieu, professeur au Collège de France-Inserm après introduction par le Pr. Gérard Grassy, Conseiller scientifique Forum Labo/CIFL, la Conférence plénière, très suivie par un public très attentif, et pour cause, intéresse tout un chacun : « Stéroïdes et longévité : le rôle et les indications de la DHEA », la DHEA (ou « déhydroepiandrostérone ») étant une substance stéroïde de même famille chimique que le cholestérol à laquelle se rattachent toutes les hormones participant aux métabolismes et au « chimisme » du corps. Notons que le Pr. Baulieu est un spécialiste des questions hormonales et le créateur de la « pilule du lendemain »… Stéroïdes et longévité Nous sommes tous destinés à vieillir avant de devoir disparaître. Le processus du vieillissement est inscrit dans le programme même de notre vie et demeure inéluctable. Il ne s’agit donc pas de chercher à l’annuler, mais d’ « ajouter de la vie aux années ». On constate effectivement que l’on progresse dans cette perspective, car la population mondiale croît en longévité en notre temps de trois mois de plus chaque année et l’on prévoit que la moitié des enfants nés après l’an 2000 deviendront centenaires. Il y a eu changement de « régime » entre le 20e et le 21e siècle : en 1950, on déclinait rapidement par suite d’accidents, infections, problèmes cardiovasculaires. Après l’an 2000, les causes du déclin de la personne sont plutôt autres : troubles psychologiques et mentaux, déficits immunitaires, maladies de dégénérescence, cancers, etc. Comment s'installe le vieillissement Le Pr. Baulieu a fait remarquer que Darwin s’est refusé à prendre le vieillissement en compte dans son hypothèse et a noté qu’il n’entre pas dans le concept de la sélection naturelle ; la longévité est beaucoup moins liée à l’écoulement du temps qu’à un très grand nombre de facteurs interactifs et complexes encore mal connus. Il n’en est pas moins certain que le cerveau et le régime hormonal qu’il induit sont prépondérants dans l’orchestration des mécanismes qui se mettent en place : diminution des hormones de croissance (somatopause) et sexuelles (andropause, ménopause) ; l’activité des surrénales décroît également, il y a maintien de la cortisone, mais baisse de la DHEA (adrénopause) d’un facteur 5 entre 20 ans et 70 ans. Le déficit en œstrogène, qui survient chez la femme de manière soudaine aux environs des 50 ans provoque bouffées de chaleur, ostéoporose (et les supplémentations sont alors indispensables), des troubles cardiovasculaires, des altérations du métabolisme y compris de l’oxygène, avec prise de graisse, « résistance à l’insuline » et diabète à la clé, induit les risques de cancer du sein, ou de l’utérus, ainsi que des états dépressifs, des troubles cognitifs, etc. Chez l’homme, le déficit en androstérone et testostérone survient de manière progressive et lent mais finit par produire des syndromes parallèles à ceux survenant chez la femme ; s’y ajoutent tant chez l’une que chez l’autre le dessèchement et le jaunissement de la peau et les défauts de pigmentation spécifiques de la vieillesse, l’hypertension artérielle, etc. Les bienfaits de la DHEA Nous l’avons dit, le déficit en DHEA est l’une des causes des dommages que nous avons décrits. Inversement, son administration sous diverses formes ou préparations permet un très significatif « retour en arrière » : la peau se régénère, les taches brunes régressent, ainsi que les rides, les os deviennent moins fragiles, le diabète recule ainsi que l’hypertension et l’obésité abdominale ; il y a résorption de la graisse sous-cutanée, mais aussi ralentissement de l’évolution des cancers et recul de l’échéance du décès chez les fumeurs. La DHEA – souvent sous forme de sulfate ou DHEA(S) – protège aussi de la perte de mémoire, des troubles du type « Alzheimer », des dépressions, etc. Un autre stéroïde de la même famille chimique, la progestérone est susceptible d’effets favorables sur la gaine de myéline, graisse phosporée protégeant les nerfs en général et donc aussi le nerf sciatique, ce qui peut déboucher sur soulagement et rémissions. Avec un autre dérivé très proche encore, la pregnénolone, des tests sont actuellement conduits sur des rats, sur le plan des aptitudes cognitives. En résumé, les problèmes de l’âge sont en voie d’être très notablement atténués, ce qui ne peut laisser personne indifférent. En revanche, l’espérance moyenne de vie ne semble pas devoir être accrue spectaculairement. Mais on aura bien « ajouté de la vie aux années »… En conclusion Le Forum Labo & Biotech est incontestablement la vitrine de tous les progrès et espoirs en tous domaines touchant à la vie privée comme à celle de la cité des hommes. Sa prochaine édition est prévue au printemps 2008.
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