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Le fleuve Iguaçu s’étend sur 1.320 km et se jette dans le Paranà 23 km
après les chutes. Sa largeur sur la grande partie de son parcours varie
de 500 à 1.000 mètres. A l’intérieur du parc national, il s’élargit à
près de 1.500 mètres, s’orientant vers le sud pour remonter ensuite au
nord formant ainsi un grand « U » contenant à son embouchure un
dénivellement abrupt du terrain qui crée les superbes cataractes.
Dans sa courbe, une prolifération d’écueils, d’îlots et d’îles
allongées fragmentent le fleuve en de nombreux bras. Au niveau du
précipice, ils plongent tous ensemble formant ainsi ce grand éventail
que sont les chutes d’Iguaçu.
LA BIODIVERSITE AU CŒUR DU PATRIMOINE NATUREL
Le parc héberge une flore naturelle regroupant plus de 2.000 espèces : des fougères touffues, des broméliacées, des orchidées, des palmiers et des arbres gigantesques qui servent de support à une grande variété de plantes grimpantes qui fournissent en permanence des fruits attirant des singes, des coatis, des cerfs, pour ne citer que quelques uns de ces amateurs de fruits.
Il regroupe 450 espèces d’oiseaux, qui se montrent sans crainte à l’aube et au crépuscule. On peut ainsi facilement observer des toucans, des pies, des perroquets et d’incroyables martinets, cette dernière espèce étant typique de la zone des chutes d’Iguaçu.
80 espèces de mammifères sont répertoriées dans le parc, il y a notamment cinq variétés de félins qui parcourent la forêt en se fondant au clair obscur, un nombre incalculable d’insectes parmi lesquels se distinguent une grande quantité de papillons colorés. Les innombrables cours d’eau de la zone sont gardés par les caïmans et les hérons qui se nourrissent de petits poissons.
La conservation du lieu joue un rôle important pour la protection des espèces en voie d’extinction comme le jaguar (pantera onca), l’ocelot (félis pardalis, petit félin nocturne), la yacutinga (aburria jacuntinga), le macuco (tinamous solitarius) qui trouvent encore dans le parc national les conditions nécessaires à leur survie.
LES CATARACTES : UNE EXPERIENCE MEMORABLE
Ce spectacle de la nature, considéré comme l’une des merveilles du monde, a débuté il y a quelque deux cents mille ans à l’endroit que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de « borne des trois frontières » où convergent les fleuves Iguaçu et Paranà – borne qui marque les trois frontières des pays riverains aux chutes (Argentine, Brésil, Paraguay).
Une faille géologique produite dans le lit du fleuve Paranà transforma l’embouchure du fleuve Iguaçu en une cascade abrupte de 80 mètres de haut. 23 km séparent ce point – où sont nées les chutes – de la Gorge du Diable aujourd’hui, phénomène dû à l’érosion, lente mais continue.
Cette grande cascade particulière s’est transformée en deux grands arcs sinueux d’une étendue de 2.700 mètres. La Gorge du Diable, de 80 mètres de haut, est la chute la plus imposante de l’ensemble et se trouve au milieu du fleuve.
Selon la saison, on peut admirer de 160 à 260 chutes, ce qui équivaut en moyenne à un débit de 1.500 mètres cubes d’eau par secondes.
La violence de la chute produit un brouillard permanent, sur lequel, les rayons de soleil forment de nombreux arcs en ciel d’une incomparable beauté.
LE FLEUVE IGUAÇU
Ce fleuve forme la frontière nord de la région de Misiones, la séparant ainsi du Brésil. Son nom – qui signifie « grande eau » – a été donné par les Indiens guaranis qui admiraient cette immense étendue d’eau se jetant pour former les chutes du même nom.
Le fleuve Iguaçu prend sa source dans les montagnes Sierras do Mar, à quelques kilomètres de l’océan Atlantique, à une altitude d’environ 900 mètres au dessus du niveau de la mer. Ses premières sources naissent près de la ville de Curitiba, la capitale de l’état de Paranà d’où son nom de grand fleuve de Curitiba, comme on le nomme au Brésil.
Le fleuve Iguaçu est long d’environ 1.300 km dont 1.205 du coté du Brésil et 115 km servant de frontière entre l’Argentine et le Brésil, laquelle commence là où le fleuve San Antonio se jette dans l’Iguaçu et prend fin où l’Iguaçu se jette dans le Paranà. Au long de son parcours en terre brésilienne, il forme de nombreuses chutes très pittoresques mais moins impressionnantes que les cataractes d’Iguaçu. Il s’agit du Salto do Cayacanga de 10 mètres de haut, le Salto do Funil de 12 mètres, le Salto de Passo, le Santiago – d’une grande beauté, le Salto Osorio, le Caxías et les Saltos Faraday.
Le fleuve Iguaçu débouche dans le Paranà, sa largeur variant alors de 250 à 400 mètres selon le niveau du fleuve. Les deux eaux ne se mélangent pas immédiatement et l’on peut même pendant un certain temps, distinguer d’un simple coup d’œil les eaux provenant de l’Iguaçu claires, limpides et verdâtres qui font des remous avec celles du Paranà, obscures, rougeâtres et qui finissent par absorber les premières. A l’endroit où confluent les deux eaux, on peut apercevoir les trois frontières argentine, brésilienne et paraguayenne.
COMMENT SE SONT-ELLES FORMEES ?
La géologie régionale se caractérise par une série de coulées basaltiques superposées. La « coulée » désigne une effusion volcanique qui se disperse d’abord dans un état liquide sur la superficie d’une zone et se solidifie ensuite en refroidissant.
Plusieurs coulées se sont produites – 11 dans la région de Misiones – de telle sorte que les plus récentes se superposaient sur les anciennes comme des couches successives. Ces coulées, bien qu’elles aient des caractéristiques physiques et chimiques fort semblables, se différencient par certains éléments secondaires et par la manière dont la solidification s’est produite. Par conséquent, leur réaction diffère face à l’action érosive de l’eau et certaines roches sont donc plus érodées que d’autres.
Ce phénomène est l’un des facteurs qui a permis la formation des chutes d’Iguaçu ; l’autre a été la présence, dans le lit du fleuve, de fractures. Par ce terme, les géologues désignent l’effondrement d’une partie d’une formation par rapport au reste (ou réciproquement, un soulèvement relatif de ce qui reste par rapport à l’autre partie) selon une ligne plus ou moins droite.
Pour visualiser le phénomène, imaginez un terrain plat. Lorsque la fracture se produit, il se forme un palier qui peut varier de quelques millimètres à plusieurs mètres selon l’intensité du phénomène qui a provoqué la fracture. La pente d’un fleuve, dans sa phase initiale est assez prononcée et la présence de ces paliers (fractures) entraîne une chute d’eau qui, du fait de l’impact, a un effet érosif plus important que sur un terrain plat. En conséquence, il se forme une dépression juste après la fracture.
Le fleuve Iguaçu s’écoule, au moins sur certains segments, sur une coulée basaltique très résistante à l’action érosive de l’eau, elle-même recouvrant une coulée dont la roche est sensiblement plus vulnérable à cette action. Avec le temps, l’eau finit par forer la structure supérieure et s’infiltre aux niveaux inférieurs, détruits plus rapidement jusqu’à disparaître, et ne plus soutenir les formations du dessus qui s’éboulent progressivement.
Les grands blocs que l’on peut observer lorsqu’on se trouve au pied de certaines chutes (notamment du côté argentin des cataractes) sont les restes des coulées supérieures. Cette description explique l’existence d’espaces vides à l’arrière du rideau d’eau qui servent de refuge aux oiseaux et aux amphibiens.
Comme ce processus de forage continue, les chutes se déplaceront au cours des prochains millénaires comme elles l’ont fait depuis la nuit des temps, si la destruction de la forêt tropicale – décimée au Paraguay, au Brésil et fortement endommagée en Argentine – cesse, car elle est la cause d’une intense sécheresse.
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