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Accueil arrow L'actualité arrow Ecologie / Environnement arrow «Nous n’aurons plus de poissons d’ici 2048»
«Nous n’aurons plus de poissons d’ici 2048» Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Heloise Roc   
12-11-2006

 

«Nous n’aurons plus de poissons d’ici 2048», nous disent des scientifiques nord-américains océanographes et économistes, dans la revue américaine Science datée du 3 novembre : « nos analyses indiquent que sans changement, la situation actuelle laisse présager de sérieuses menaces à la sécurité alimentaire mondiale, la qualité des eaux côtières et la stabilité de l’écosystème, qui affecteront les générations actuelles et futures. » La détérioration marine épuise en effet l’écosystème océanique, ce qui met en péril la sécurité alimentaire des habitants de notre planète.

Les prises de peche de certaines especes ont diminue de 90 % ces dernieres annees
Les prises de pêche de certaines espèces ont diminué de 90 % ces dernières années, il serait triste de voir la disparition des chalutiers. Les mers et les océans couvrent plus de 70 % de la surface du globe. Avant le point de non retour ressaisissons- nous !… Marcel Mochet/AFP
 

Si rien n’est fait, la totalité des espèces marines auront disparu en 40 ans, affirment-ils. Cette diminution accélérée de la biodiversité des mers est la conséquence de la surpêche et de la pollution, la mer étant devenue une vaste poubelle.

LA MORUE A ATTEINT LE POINT DE NON-RETOUR

Boris Worm, un biologiste à l’Université de Halifax (Nouvelle-Écosse), coauteur du rapport souligne : « si on regarde les résultats d’expériences en laboratoire ou les études portant sur l’ensemble des océans, nous faisons le même constat : la productivité et la stabilité de tout l’écosystème marin diminuent. » Il ajoute : « 29 % des espèces de poissons et de crustacés sont en passe de disparaître » et précise que « les prises de pêche de ces espèces ont diminué de 90 % » ces dernières années.

Par exemple, ces dix dernières années, dans la région de l’Atlantique nord, les stocks de merluche, d’aiglefin et de flet ont baissé jusqu’à concurrence de 95 % et la morue a, semble-t-il, atteint le point de non-retour, elle est actuellement considérée comme inexistante. « J’ai été choqué par la généralisation de ce phénomène dont nous ne soupçonnions pas l’ampleur et qui s’est accéléré récemment », ajoute Boris Worm. Cette recherche réalisée durant quatre ans montre également que la disparition d’une seule espèce accélère le dérèglement de l’ensemble de l’écosystème. Un scientifique de l’Université d’Halifax au Canada, est « choqué » par l’ampleur des données, « c’est au-delà de ce que nous imaginions ». Ces études sont le fruit de l’ensemble des données recueillies sur 1.000 ans d’histoire marine,  32 expériences scientifiques, ainsi que des études effectuées dans 48 domaines marins protégés et des statistiques des Nations unies sur la pêche de 1950 à 2003.


LES OCEANS NE PEUVENT RESISTER AU DEVELOPPEMENT DES PARASITES

La plupart des stocks halieutiques vont s’écrouler en quelques décennies : «  29 % des espèces de poissons et crustacés se sont effondrées, c’est-à-dire que les prises de pêche les concernant ont diminué de 90 %. C’est une tendance très claire qui s’accélère », poursuit Boris Worm, dont les conclusions sont sans appel : « Si la tendance se poursuit à long terme, toutes les espèces de poissons et crustacés, selon les prévisions, auront disparu d’ici 2048. » Ces scientifiques expliquent que la perte de biodiversité réduit profondément la capacité des océans à produire des poissons et crustacés, à résister au développement des parasites comme certaines algues ainsi qu’à produire de l’oxygène et à filtrer les substances polluantes. Steve Palumbi, biologiste de l’Université Stamford (Californie) souligne : « L’océan est un grand recycleur qui absorbe les égouts et les recycle en substances nutritives, il retire les toxines de l’eau, produit de la nourriture et transforme le dioxyde de carbone en élément de nutrition et en oxygène. »

EST-IL POSSIBLE D’INVERSER LES TENDANCES ACTUELLES ?

L’effet inverse est aussi très réel c’est à dire que toute espèce qui retrouve un taux normal de reproduction contribue à la santé et à la stabilité des océans ainsi qu’à leur capacité d’absorber des chocs comme la pollution et le réchauffement du climat. « Toutes ces données montrent aussi qu’il est possible d’inverser les tendances actuelles avant qu’il ne soit trop tard », estiment les chercheurs, disant toutefois « qu’actuellement seul moins de 1 % des mers et océans du monde constitue actuellement des zones maritimes protégées. » Ed Barbier, économiste de l’Université du Wisconsin affirme que « même si la préservation de la biodiversité marine a un coût économique, à long terme, ces mesures de protection contribuent aussi à la croissance économique. »





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