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Trop souvent les subventions agricoles dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sont essentiellement élaborées en fonction d’impératifs économiques, ce qui n’encourage pas l’utilisation efficace de l’eau et accroît la pression exercée par cette industrie sur les ressources environnementales, indique un récent rapport de l’OCDE.
«Bien qu'il y ait eu quelques réformes au cours des dernières années, l'OCDE a constaté que beaucoup de pays membres continuent à soutenir la production agricole par des mesures qui constituent également des incitations à adopter des pratiques nuisibles à l’environnement», écrit un des principaux auteurs |
Une ferme agricole située en Grande-Bretagne. La relation entre l’agriculture et l’eau entraîne de plus en plus de problématiques puisque l’eau est essentielle à une agriculture d’irrigation, mais cette dernière entraîne souvent une diminution de la qualité et de la quantité de l’eau disponible. (Photos.com) |
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Plusieurs politiques économiques encouragent l’intensification de la production agricole, notamment en réduisant le coût du litre d’eau ou encore de l’énergie de pompage requise pour l’irrigation. Ces mesures «épuisent les nappes souterraines et elles augmentent l’intensité énergétique de l’agriculture», ce qui nuit à l’environnement et commence à nuire à l’économie agricole.
La relation entre l’agriculture et l’eau est complexe et possède plusieurs effets croisés, principalement parce que l’eau est essentielle à une agriculture d’irrigation, mais que cette dernière entraîne souvent une diminution de la qualité et de la quantité de l’eau disponible.
Une des problématiques est la consommation d’usage agricole et son taux de prélèvement. En France, environ 45 % de la consommation totale d’eau est destinée à l’agriculture. Dans plusieurs régions aux États-Unis, un des plus importants producteurs agricoles au monde, l’irrigation dépasse le taux de renouvellement des nappes souterraines.
Si les collectivités et les industries restituent au milieu environ 85 % de l’eau prélevée, tel n’est pas le cas de l’agriculture. Selon le CEMAGREF, organisme français de recherche en gestion des eaux, le taux de prélèvement de l’agriculture serait de 70 %, ce qui signifie que seulement 30 % de l’eau est restituée au milieu. Le rapport rappelle les multiples conséquences d’une surexploitation de l’eau : rivières et lacs affectés par un débit d’eau réduit, nappes souterraines en assèchement et écosystèmes aquatiques vulnérables, ce qui accentue la compétition pour l’eau entre les agriculteurs et les autres besoins de la société.
Plusieurs pistes de réflexion sont offertes. Dans le domaine scientifique, un indicateur concernant l’eau virtuelle fournirait un outil additionnel pour l’élaboration de politiques. L’eau virtuelle est «la quantité totale d’eau qui est incorporée et consommée dans le processus de production». Ainsi, selon le CEMAGREF, «1 kg de riz contient 1500 litres d’eau virtuelle, 1 kg de viande entre 5000 et 13000 litres, et même 1 litre de lait en contient 800 litres.»
Dans la gestion de l’eau, le rapport recommande une meilleure intégration du principe de pollueur-payeur, une définition adéquate des droits des agriculteurs sur les ressources en eau de la collectivité et des mesures économiques favorisant l’innovation technologique et une utilisation efficace de l’eau.
Les auteurs préconisent une cohérence entre les politiques et la gouvernance des différents paliers gouvernementaux. Ils encouragent aussi les décideurs à considérer l’eau comme un bien public, à en assurer la conservation et à en comprendre les échecs du marché.
Le rapport de l’OCDE fait suite à un colloque sur le même sujet qui a impliqué plusieurs acteurs internationaux, dont le Québec. Selon les auteurs, «le défi principal est de s'assurer que les ressources en eau utilisées par l’agriculture soient le mieux réparties afin de produire efficacement la nourriture, de réduire au minimum la pollution et de soutenir les écosystèmes, tout en répondant aux besoins sociaux.»
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