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Accueil arrow L'actualité arrow Sports arrow Masters masculin : Federer frise la perfection
Masters masculin : Federer frise la perfection Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Agence France-Presse   
20-11-2006

 

 

 

 

 

La victoire du Suisse Roger Federer dans le Masters de tennis dimanche à Shanghai est à l'image de sa saison: proche de la perfection.

C'est sans doute sa victime en finale, l'Américain James Blake, surclassé (6-0, 6-3, 6-4) en une heure et demie, qui est le mieux placé pour résumer la performance du Suisse. Et ses propos ont le mérite d'être clairs.

Le champion de tennis Roger Federer
Le champion de tennis Roger Federer soulève le trophée des Masters à Shangai. Photo de Frederic J. Brown (AFP/Getty Images)

 « Aujourd'hui, il n'y avait rien à faire. Rien. Il est trop fort, a déclaré l'Américain. Il n'y a pas assez d'adjectifs pour qualifier son excellence, il est incroyable et le plus fort c'est qu'il joue encore mieux en finale. »

Sur un nuage, Federer a en effet survolé la partie contre un Blake un tantinet émoussé, après sa plus belle saison sur le circuit et un sprint effréné pour se qualifier, en dernier, pour le Masters.
Mais ce n'est pas l'Américain qui a mal joué. C'est Federer qui a été injouable. A chaque fois que Blake, qui n'avait rapidement plus rien à perdre, tentait le tout pour le tout, « LE » maître lui a sorti des coups de martien, irrattrapables, intouchables.

« A un moment, j'ai même rigolé tellement je jouais bien, a apprécié l'intéressé. J'ai contrôlé le jeu tout le temps et j'ai fait à peu près tout ce que j'avais envie de faire. »
Jamais menacé, tout juste un peu relâché en fin de match, le Federer Express a ainsi remporté sa 29e victoire de suite, Coupe Davis comprise.

Quelle saison!


Avec ce fantastique succès, Federer a ainsi bouclé en superman une saison au cours de laquelle il a encore repoussé ses limites, ce qui, en janvier, paraissait impossible vu son année 2005 déjà impeccable.

Avec 92 victoires et douze titres, dont trois du Grand Chelem, il a établi deux nouveaux records personnels et remporté à Madrid et à Bâle quelques uns des rares tournois qui lui résistent encore.
Seul un joueur, Rafael Nadal, a empêché l'inoxydable N.1 mondial, premier joueur à gagner plus de 8 millions de dollars (8.343.885) en une année, de réaliser la meilleure saison de toute l'histoire du tennis.

Si l'Espagnol ne l'avait pas battu à quatre reprises au premier semestre, toujours en finale, Federer n'aurait connu qu'une seule défaite cette année, contre l'Ecossais Andy Murray, et aurait pulvérisé le meilleur bilan annuel de John McEnroe (82 victoires, 3 défaites).

Il aurait également remporté quatre tournois supplémentaires dont Roland-Garros et bouclé donc le premier Grand Chelem depuis l'Australien Rod Laver en 1969. La gloire absolue, en attendant d'effacer début 2007 un nouveau record, celui du nombre de semaines consécutives à la place de N.1 mondial détenu actuellement par Jimmy Connors (160).

Le meilleur de tous les temps?

« J'aurais difficilement pu faire mieux, a commenté Federer. J'ai fait en sorte pour me donner les meilleures chances à chaque tournoi. Mais j'ai quand-même réussi à me surprendre moi-même. »
Autant dire qu'à 25 ans, Federer se bat désormais davantage contre les légendes que contre ses contemporains, incapables de troubler son inexorable marche en avant.

Au Masters, le Suisse n'a pas joué son meilleur tennis à chaque fois, a tremblé même face à l'Américain Andy Roddick, mais a gagné, toujours.
Avant de montrer, d'abord en demi-finale contre Nadal, puis contre Blake, quel niveau de jeu il pouvait atteindre en pleine possession de ses moyens.

De quoi attaquer en pleine confiance une année 2007 qui pourrait lui permettre de devenir définitivement le plus grand joueur de tous les temps.
Un titre qui déjà ne fait plus beaucoup de doute aux yeux de Blake qui a estimé que Federer était « le meilleur des meilleurs, pas seulement sur cette semaine, mais sans doute de toute l'histoire du jeu. »

« C'est un honneur d'être un de ses collègues », a conclu l'Américain, subjugué.
 




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