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Le 27 juin 2002, Mme Wang et sa famille ont été de
nouveau emmenés au poste de police de Zhengyang par la division
Sécurité et Politique du département de police du district de Luyuan.
Mme Wang a été ligotée comme un ballot pendant toute une soirée. Plus
tard, alors qu’elle était illégalement détenue au centre de détention
n° 3 dans la ville de Changchun, les gardes ont attaché ses menottes
aux fers qu’elle portait aux pieds pendant dix huit jours et l’ont
brutalement alimentée de force pendant un mois. Puis elle a été envoyée
à l’hôpital provincial de la police où on lui a immobilisé les membres
et elle a été brutalement gavée pendant 30 jours. Elle n’a été relâchée
que lorsque sa vie a été en danger. Au même moment, plusieurs policiers
du poste de police de Zhengyang ont brutalement torturé, battu et roué
de coups de pieds Liu Boyang. Ils l‘ont aussi giflé avec des chaussures
de cuir, l’ont attaché à une corde, lui ont recouvert la tête d’un sac
plastique, lui ont attaché les bras derrière le dos et l’ont suspendu
par les menottes. Lorsque Liu a été suspendu en l’air, ils secouaient
ses pieds ou les tiraient vers le bas. M. Yuan Dachuang, un officier de
police dirigeant la torture a dit effrontément "J’ai tué pas mal de
pratiquants de Falun Gong avec cette torture. Si tu meurs je n’aurais
pas à en porter la responsabilité." Chaque fois qu’ils étaient
torturés, la mère et le fils pouvaient entendre les cris déchirants
l'un de l'autre.
Le 29 octobre 2002, Liu Boyang a été envoyé au
camp de travail forcé de Chaoyanggou dans la ville de Changchun pour
deux ans. En décembre, la police l’a forcé à s’asseoir sur un sol de
ciment froid toute la journée et l’empêchait de dormir pendant la nuit.
Durant la journée, on le forçait à assister à des classes de lavage de
cerveau. En juin 2004, lorsque son terme s’est achevé, le camp de
travail a refusé de le relâcher et trouvé des excuses pour le détenir
47 jours de plus. Liu était diplômé d’une université médicale. C’était
quelqu’un de bien, affectueux et bon avec ses enfants et respectueux
envers les plus âgés. Il obtenait chaque année la récompense de
travailleur modèle à l’hôpital. Une femme du nom de Wang m’a raconté
les expériences de Mme Wang et de M. Liu presque d’une seule traite.
Sun
Shuxiang, une résidente de Changchun âgée de 48 ans, a été illégalement
arrêtée neuf fois en six ans. Voici quelques-unes de ses expériences
qu’elle a décrites durant sa condamnation illégale aux camps de travail.
“Un
jour à la fin de 2001, le policier Li Zhenping de la huitième section
du poste de police de la rue Xingye est venu chez moi accompagné d’un
autre homme. Ils ont persuadé mon mari de divorcer. J’ai dit non, Li
m’a frappée le visage jusqu’à ce qu’il enfle. Mes yeux ont commencé à
saigner, et je n’ai soudain plus vu clair. Il m’a demandé de nouveau si
j’acceptais le divorce sans quoi il me renverrait (au camp de travail).
Sous la terreur constante, mon mari a accepté de divorcer. Ma famille a
été brisée par le gouvernement et depuis je suis toujours en exil."
“En
juillet 2002, j’étais dans la maison de mon père. Un policier en civil
a soudain fait irruption dans la maison et demandé si j’étais Sun
Shuxiang. Avant que j’aie eu le temps de lui répondre, j’ai été
kidnappée. Le lendemain, la police de la première section du bureau de
la Sécurité publique de Changchun m’a mise dans une voiture qui a roulé
près de deux heures sur une route. Deux policiers m’ont fait entrer
dans un terrifiant sous-sol, et ont enlevé le bandeau de mes yeux. Huit
ou neuf policiers se sont précipités dans la pièce. Sur une table il y
avait trois matraques électriques de trois tailles différentes, un
paquet de cordes, et de l’autre côté étaient disposés trois bancs du
tigres. Deux policiers m’ont installée de force sur un de ces bancs et
ont placé mes mains sur les repose-bras pourvus chacun d’une menotte
qui y était attachée. Les menottes ont été refermées sur mes mains.
Il
y avait sur les repose-bras du banc du tigre une rangée de trous de
différentes tailles pour convenir à différentes tailles de poignets. La
police a habilement fixé une tige de fer épaisse d’un pouce sur les
deux repose-bras, pressant contre ma poitrine et mon abdomen et rendant
tout mouvement impossible. Un policier a indiqué les outils de torture
et m’a dit : "As-tu vu ça ? Si tu coopères, nous pouvons terminer
l’affaire en une heure. Sinon, nous devrons essayer toutes sortes
d’instruments. Qu’est-il arrivé à Liu Zhe et aux autres (qui ont été
tués) ? Il n’y en a pas beaucoup qui peuvent ressortir d’ici vivants."
“Un
policier à l’air poli m’a giflée deux fois, et m’a demandé si je
connaissais d’autres pratiquants. J’ai dit non. Il a pris un bâton
électrique, a planté ses deux griffes entre mes côtes et a commencé à
m’électriser. Il a demandé de nouveau les numéros de téléphone de mes
amis pratiquants, et je n’ai rien dit. Puis il s’est servi de sa
matraque électrique sur la pointe de mes doigts, tout en me demandant
quels pratiquants je connaissais. Il a appliqué son bâton électrique
sur mes bras puis sur ma tête, puis de l’autre côté de mon corps. Après
avoir fait une fois le tour de mon corps, il a lentement parcouru mon
corps de nouveau avec le bâton électrique. Puis ils en ont augmenté le
voltage, et commencé de mes doigts de pieds en remontant sur le corps.
J’ai continué à me taire. Ils ont ensuite utilisé un bâton électrique
sur mes yeux. J’ai senti que mes yeux allaient sortir de leurs orbites,
et je ne pouvais plus rien voir. J’ai continué à refuser de dire quoi
que ce soit, et ils ont recommencé à m’électriser les côtes. La douleur
était insupportable. Les bâtons électriques se sont déplacés sur ma
poitrine au moment où ils me demandaient avec quels pratiquants j’étais
restée en contact. La douleur m’empêchait de parler, les visages
familiers de pratiquants sont apparus devant moi un à un. Je n’avais
qu’une seule pensée : Quoi qu’il arrive, je ne dirai rien sur aucun
pratiquant. Car si je disais quoique ce soit sur un pratiquant,
celui-ci serait presque aussitôt arrêté et torturé. La police a fourré
le bâton électrique dans ma bouche. Ma bouche était complètement brûlée
et enflée, et des ampoules en couvraient l’extérieur. Ils m’ont dit
tandis qu’ils m’électrisaient : « Si tu ne parles pas, nous allons
t’ouvrir la bouche avec des pinces ». Ils ont de nouveau planté leur
bâton électrique dans ma bouche. Après un jour et une nuit de torture
j’étais à deux doigts de la mort."
“Au début de 2004, je suis
restée temporairement chez Mme Xing Guiling. Un jour à minuit j’ai
entendu un martèlement assourdissant sur la porte. La double porte n’a
pas résisté longtemps. Terrorisée, j’ai vu un groupe de policiers avec
des marteaux et des fusils, ils hurlaient : « Ne bouge pas, sinon tu
seras tuée ». Nous avons été arrêtées et emmenées à la branche du
bureau de la Sécurité Publique, et enfermées dans une petite cage de
fer. J’ai été attachée sur un banc du tigre. Ils ont commencé à battre
Xing Guiling en face de moi, en utilisant une ceinture de cuir pour
l’étrangler. Elle poussait des cris à fendre l’âme. J’ai vu Xing
Guiling tomber sous les coups, une fois par terre, ils l’ont rouée de
coups de pieds. Lorsqu’elle s’est relevée ils l’ont de nouveau fait
tomber sous leurs coups. Ils ont continué leur passage à tabac, en lui
demandant de révéler ses contacts avec d’autres pratiquants. Ils
continuaient à la torturer et ont saisi leur ceinture de cuir pour
l’étrangler de nouveau, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus respirer. La
police criait : « Je te montrerai si tu ne dis rien ». Xing Guoling a
été torturée au point de n’avoir plus qu’un souffle, mais elle n’a pas
révélé un seul nom de pratiquants. Alors ils ont commencé à me
torturer. Après trois jours et trois nuits de torture, ils nous ont
envoyées au centre de détention n° 3."
“Le 4 août 2003, j’ai été
de nouveau arrêtée par la police. Ils m’ont emmenée à la branche de
Nanguan du bureau de la Sécurité publique. Un policier au visage vérolé
m’a attrapée par les cheveux pour cogner ma tête contre le mur encore
et encore. J’avais des vertiges. Il m’a alors forcée à m’asseoir sur un
banc du tigre et a menotté étroitement mes mains. Un autre policier a
commencé à me frapper les bras et mes poignets se sont mis à saigner
d’être étroitement comprimés par les menottes. Ils ont utilisé des
anneaux de fer pour m’enchaîner les chevilles, puis ils ont marché sur
les anneaux afin qu’ils se resserrent de plus en plus. La douleur aux
chevilles dépassait ce que je pouvais supporter. Alors ils ont pris un
sac plastique pour m’en recouvrir la tête et me l’ont attaché autour du
cou me suffoquant complètement. Lorsqu’ils ont vu que j’étais sur le
point de mourir, ils ont retiré le sac. Après un moment, ils m’ont
recouvert la tête de nouveau, puis découverte avant que je ne perde
définitivement conscience. Ils ont fait ça trois fois, en même temps
ils continuaient à accentuer la pression sur les anneaux de mes
chevilles. C’était si douloureux que j’ai commencé à avoir une attaque.
Mes chevilles se sont brisées et saignaient. Je me suis évanouie. Ils
ont utilisé de l’eau froide pour me faire revenir à moi, et m’ont
envoyée au centre de détention n° 3. Là, j’ai refusé de manger et de
boire et suis entrée dans le coma. Après 27 jours, ma vie tenait à un
souffle. Ils ont prévenu ma famille de venir me chercher pour me
ramener à la maison."
Liu Shuqin, une dame de Changchun âgée de
60 ans, a été arrêtée et envoyée cinq fois en six ans dans des camps de
travail. Cette vieille dame nous a calmement raconté la torture barbare
qu’elle a soufferte.
“J’ai été arrêtée une première fois en février
2000. La police nous a violemment frappés et roués de coups de pieds
jusqu’à voiture de police, qui nous a emmenés au centre de détention de
Balipu. J’ai été enfermée pendant 15 jours sans aucune procédure
légale. En tout dix d’entre nous ont été arrêtés, et tous ont fait
l’expérience d’une torture indescriptible. Après quoi, le comité de
voisinage et la police ont continué à me harceler. Le 31 décembre 2000,
j’ai été arrêtée une seconde fois alors que j’allais à Pékin pour
demander justice au gouvernement. J’ai tenu une banderole qui disait «
Falun Dafa est bon » et la police de Tiananmen m’a violemment frappée
sur le dos avec des bâtons électriques, me faisant entrer de force dans
une voiture de police. Plus tard, j’ai été jetée dans un cachot dont
les murs étaient couverts de glace et de givre. La police m’a forcée à
enlever tous mes vêtements, et ordonné à quelqu’un de m’arroser avec un
gros tuyau. Ils m’ont laissée dormir à même le sol, nue sans rien pour
couvrir mon corps. Les toilettes dans la pièce étaient une puanteur.
Chaque jour, plusieurs policiers sont venus m’interroger. Ils ne me
laissaient pas dormir de la nuit. Après 38 jours d’interrogatoire, ils
n’ont rien obtenu".
“Le 31 décembre 2001, avec quelques
pratiquants nous avons suspendu des banderoles dehors pour dénoncer les
mensonges du gouvernement à propos du Falun Gong. Quelqu’un nous a
dénoncés et nous avons été arrêtés. La police du Bureau 610 m’a battue
violemment. A minuit ce jour là, j’ai été envoyée au centre de
détention n° 3. Là, un policier m’a donné des coups de poings sur les
yeux. Mes yeux se sont brouillés et je ne pouvais plus rien voir. Ils
m’ont cogné la tête encore plusieurs fois. Face à leur comportement
brutal, je leur ai dit que le bien et le mal recevraient leur juste
rétribution. La police a demandé aux détenus d’apporter une lourde
chaîne (28 kg) et ils l’ont placée à mes chevilles. J’ai été détenue
pendant 22 jours, durant lesquels j’ai souffert des tortures pires que
la mort. Plus tard, la police a soutiré de l’argent à ma famille avant
de me relâcher finalement.”“Le 28 février 2003, quelques jours avant ma
libération, un groupe de policiers de la branche de Luyuan a de nouveau
fait irruption chez moi. Un policier du nom de Yuan Dachuan a ouvert
nos tiroirs et pris plus de 4.000 yuans (environ 500 $) en espèces sans
laisser aucun reçu. Un autre policier a empoché une bouteille de parfum
que mon enfant m’avait ramenée de l’étranger. Au moment où Yuan
Dachuang allait prendre l’argent, j’ai critiqué son comportement de
voleur. Il m’a donné un coup de poing et m’a menottée. Ils ont fait ce
qu’ils voulaient chez moi et la maison était sens dessus dessous. Ils
m’ont kidnappée et emmenée à la chambre de torture de la branche Luyuan
et m’ont torturée pendant deux heures. Puis ils m’ont attachée avec une
corde fine, mes mains derrière le dos. Puis la police a resserré la
corde. Avec tout mon corps ligoté, ils m’ont poussée dehors. Un autre
groupe de gens m’a jetée dans une voiture. Ils ont utilisé mon manteau
de fourrure pour me couvrir la tête si étroitement que je suffoquais
presque. Après environ 20 minutes, la voiture s’est arrêtée, et nous
sommes arrivés à une autre chambre de torture (j’ai su plus tard que
c’était celle de la branche de Chaoyang). La pièce était pleine
d’instruments de torture. Dès que nous sommes arrivés là, ils m’ont
placée de force sur le banc du tigre, et environ six policiers m’ont
menottée et m’ont enchaîné les chevilles, fixant une tige de fer en
travers de ma poitrine (sur le banc du tigre). Un jeune policier a
utilisé une tige de quarante centimètres de long pour frapper ma main
gauche, qui était menottée au banc du tigre. Après une dizaine de
coups, ma main a enflé sérieusement et est devenue pourpre et noire.
Ils m’ont demandé de leur parler des autres pratiquants, j’ai dit que
je ne leur dirai rien.
A ce moment, plus de dix policiers m’ont
menottée les mains par derrière. Ils ne cessaient de tirer sur les
menottes et sur les chaînes et de pousser la tige de fer contre ma
poitrine. Etendue sous une aussi grande pression, j’avais l’impression
que mes tendons et mes os allaient se rompre ; je ne pouvais plus
respirer. La douleur était si insupportable que je me suis évanouie
plusieurs fois. Lorsque je perdais conscience, le policier m’arrosait
d’eau. Lorsque je revenais à moi, ils recommençaient la torture. J’ai
été torturée de cette façon pendant un jour et une nuit, m’évanouissant
et reprenant conscience. Les menottes et les chaînes entaillaient ma
chair sous les pressions exercées par la police. Sur mes poignets et
mes chevilles le sang se mêlait à la chair, formant une grande mare sur
le plancher. La police m’a traitée avec des tortures si barbares, une
vieille dame comme moi. Chaque nerf et chaque os de mes bras, mes
mains, mes pieds et mes chevilles me causaient une douleur dépassant
mon seuil de tolérance. Tout mon corps était incapable de bouger.”
“Le
premier mars, ils m’ont envoyée au troisième centre de détention. Ils
m’ont fait des examens du cœur et ont pris ma tension – ni l’un ni
l’autre ne fonctionnaient bien ; mes jambes ne me portaient plus. Même
ainsi, j’ai été condamnée à deux ans de camp de travail. Dans le coma,
ils m’ont emmenée au camp de travail de Heizuizi. On devait me porter
pour aller aux toilettes. Le policier Liu Lianying de la seconde équipe
a commencé à me persécuter, disant que je faisais semblant de ne pas
pouvoir marcher.
Liu m’a sauvagement électrisée avec un bâton
électrique sur les jambes, la poitrine, le cœur – sur tout mon corps. A
ce moment, une condamnée criminelle Yi Liwen (qui avait de bonnes
relations avec Liu) n’a pas supporté de voir ça ; elle s’est emparée du
bâton électrique et a dit : « Arrête de l’électriser, regarde comme
elle est mal-en-point ». Alors Liu Lianyng a cessé. Comme je ne pouvais
pas marcher, la police m’insultait souvent ; ils utilisaient tous leurs
experts en conversion pour tenter de me transformer, et les policiers
travaillaient à me laver le cerveau à tour de rôle. Après une journée
de labeur, ils ne me laissaient pas dormir, mais continuaient le lavage
de cerveau me forçant à signer tel ou tel papier. Je refusais
fermement. Ils m’ont torturée comme ça pendant deux mois, ma tension
artérielle est souvent montée à 200 et j’ai souffert d’une grave
maladie de cœur. En voyant que je refusais d’être transformée, Jia
Hongyan s’est servie d’une condamnée pour prostitution pour me
torturer, elle me surveillait 24 h sur 24, ne me quittant pas même
lorsque je mangeais et dormais. Ils m’ont forcée à me « transformer »
en me battant et m’injuriant chaque jour presque à chaque instant . Ils
ne me permettaient pas de parler, et m’insultaient si je le faisais.
C’était une terrible souffrance pour mon esprit et pour mon corps. Plus
d’un an de persécution m’a causé de graves lésions physiques et
mentales. Mon corps était engourdi, et je ne pouvais plus bien bouger
les bras. On m’a diagnostiqué un infarcissement (ndt. foyer
d'infiltration hémorragique tissulaire) et une atrophie cérébrale.
J’avais été une personne saine et en bonne santé, mais un an de
persécution m’avait transformée au point d’être dans un tel état.
J’avais seulement voulu être une bonne personne et j’avais enduré une
torture inhumaine pendant si longtemps.”
Zhang Zhikui racontait calmement, d’une voix lente et douce, son expérience de persécution dans la ville de Changchun.
“Après
le 20 juillet 1999 je suis allée à Pékin demander justice pour le Falun
Gong. Parce que je clarifiais les faits aux résidents de Pékin, j’ai
été arrêtée par la police de Pékin. Ils m’ont attaché les mains et les
pieds ensemble à une latte de bois et m’ont suspendue entre deux tables
en fixant chacune des extrémités de la latte à chacune des tables. Je
me balançais d’un côté et de l’autre. Lorsque la latte de bois s’est
cassée, je suis tombée par terre. Quant aux autres pratiquants qui
avaient aussi été arrêtés, la police les a battus avec des ceintures de
cuir ou suspendus. Ils m’ont frappé les cuisses avec une baguette de
bois blanc. Par la suite, nous avons tous été envoyés à la sous-station
de police du district de Erdaohezi dans la ville de Changchun. A ce
moment, il y avait là au moins une dizaine de pratiquants.
Après
être arrivée là, le chef du Département de la Protection politique m’a
fait lever et m’a forcée à enlever mon pantalon. Il y avait présents
des hommes et des femmes. Puis le chef du Département de la Protection
politique m’a frappé à la tête avec une ceinture de cuir. Ma tête est
devenue engourdie, j’avais des bourdonnements d’oreille et j’ai presque
perdu conscience. Il m’a demandé mon nom et quand j’étais allée à
Pékin. J’étais à peine consciente suite aux coups et j’étais incapable
de me souvenir de quoi que ce soit. Cependant, il a continué à me
battre. Puis il est monté sur mes pieds avec ses chaussures de cuir,
écrasant mes orteils avec ses talons. Il observait les expressions dans
mon regard en me faisant ça. J’ai enduré la sévère douleur et j’ai
commencé à suer abondamment. Alors il m’a laissée et a commencé à
battre d’autres pratiquants. Après avoir été envoyée au centre de
détention de Tiebei, les gardes ont incité les criminelles à me
déshabiller et à me battre. Les criminelles m’ont rouée de coups de
pieds, me projetant contre le mur des toilettes. J’ai réussi à me
relever avec peine. Ils ont immédiatement versé deux seaux d’eau froide
sur moi puis les coups ont repris. Mes bras et mes jambes saignaient,
et l’une de mes jambes avait une grande plaie. Un mois plus tard, j’ai
été relâchée sans justification d’aucun document ni procédure de leur
part."
“A la fin novembre 1999, je suis allée à la Cour suprême
de Pékin demander pacifiquement justice pour le Falun Gong. Les
fonctionnaires de la Cour suprême de Chine ont informé la police qui
est venue m’arrêter, m’envoyant au bureau de liaison de la police de
l’agglomération de Zhaoyuan (dans la province de Shandong) à Pékin. En
revenant, ils ont enlevé ma ceinture et m’ont forcée à marcher en
tenant mon pantalon avec les mains. Ils me battaient en marchant. À mon
arrivée au bureau de liaison, ils m’ont de nouveau battue sévèrement
avec une lanière et ont continué à me battre pendant plusieurs heures
de la nuit. Le jour suivant, ils m’ont renvoyée à Zhaoyuan, dans la
province de Shandong. En arrivant au centre de détention de Zhaoyuan,
la police a incité des criminelles à me battre. Les criminelles là-bas
ont vu que je m’acquittais activement et positivement de ma tâche et
toutes ont été touchées et ont cessé de me battre. Finalement, ils ont
envoyé une criminelle muette pour un autre passage à tabac. Un jour, la
garde m’a ordonné de tendre ma tête à travers un petit trou dans la
grille de fer de ma cellule, et elle m’a piétiné la tête avec ses
pieds, me donnant des coups en même temps. Les pratiquants dans les
autres cellules criaient « Cessez de battre les gens ! » Par la suite,
ils nous ont envoyées, ma sœur et moi, au poste de police du comté de
Xinzhuang. Après le 20 juillet 1999, toute ma famille a été arrêtée.
Ils nous ont détenues ma sœur et moi dans de petites cellules obscures
de confinement solitaire dans lesquelles nous ne pouvions pas nous
tenir debout. Ils ne nous laissaient aller aux toilettes qu’une fois
chaque soir et ils nous ont enfermées comme cela pendant dix jours pour
chaque détention. Après quoi, ils nous ont renvoyées au centre de
détention de Zhaoyuan et nous ont gardées là pendant un mois. Ils nous
ont torturées comme ça un total de six fois. Nous ne savions plus si
mieux valait vivre ou mourir.”
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