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Il est évident que le quotidien La Presse défend férocement les relations commerciales du Canada avec la Chine. Les derniers événements entourant la visite de Stephen Harper en Asie le démontrent bien. La position de La Presse est claire et elle dépasse même le cadre des éditoriaux d'André Pratte («Au plan économique, le Canada ne peut tout simplement pas se permettre de manquer le bateau chinois.»)
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Image du sondage de Cyberpresse prise sur son site Internet la semaine dernière.(Tiré du site cyberpresse.ca) | |
Elle transpire aussi dans les articles dits d'information. Cette
position se résume ainsi : l’argent avant tout. Sa position se retrouve
même dans les sondages de son site Internet Cyberpresse.ca, comme le
démontre celui du 21 novembre où il est demandé «Comment jugez-vous la
performance de Stephen Harper sur la scène internationale?» et que les
choix de réponse sont «Bonne, mauvaise, médiocre, lamentable, je ne
sais pas.» Je n’ai jamais vu de sondage aussi biaisé.
La Presse a exactement la même position que la Chine sur les droits de l'homme : un sujet qu’on peut étouffer ou camoufler, au profit des bonnes relations économiques et diplomatiques. Mieux encore, sa position sur la Chine se calque à 100 % sur la politique de l'ancien gouvernement libéral de Chrétien et de Martin, c'est-à-dire l’argent avant tout. Pourquoi le régime chinois insiste-t-il pour qu’on ne parle pas de ses violations des droits de l’homme en public? Est-ce parce qu’il partage les mêmes valeurs que le Canada, comme l’avance son ambassadeur au Canada Lu Shumin? Non! C’est parce qu’il ne tolère pas la lumière du jour.
Qui ignore encore ou refuse de croire à la présence de camps de concentration en Chine? Inutile de dire que quiconque aujourd’hui refuse de condamner les camps de concentration de l’Allemagne nazie s’attire la foudre presque universelle. On retournerait en guerre n’importe quand pour mettre fin à ces crimes contre l’humanité.
Mais à présent, pour La Presse, les camps chinois ne sont même pas assez horribles pour se permettre de critiquer publiquement les violations des droits de l'homme en République populaire de Chine! L’approche du dialogue à huis clos adoptée par les libéraux a déjà démontré toute son inefficacité.
Pourquoi un autre quotidien montréalais, The Gazette, a-t-il une position diamétralement opposée à celle de La Presse? Un éditorial du 17 novembre suggère que critiquer ouvertement est la voie à suivre, même au détriment du profit, Pourquoi? Parce que c’est «simplement la bonne chose à faire.»
Alors pourquoi cette obstination de La Presse à choisir l’argent plutôt que l'humanité? Oui, La Presse est la propriété de Power Corporation. Power Corporation est aussi propriétaire de CITIC Pacific, «la plus importante société chinoise à exploitation diversifiée dont les actions sont échangées à Hong Kong. Ses activités se concentrent principalement dans les secteurs suivants : production d'énergie, infrastructures, commerce et distribution, biens immobiliers et fabrication industrielle», peut-on lire le site Internet de l’entreprise. Y a-t-il là un lien obscur?
Je sais que La Presse a déjà dit qu'il y avait «un mur de béton entre les propriétaires et la rédaction». Il semble qu'il y ait également un mur de béton entre sa conscience et ses écrits.
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