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En plus, ni les États-Unis ni la
Chine n’ont signé le Protocole de Kyoto. Rien pour rassurer les
écologistes. La technologie du «charbon propre» saura-t-elle nous
épargner ce désastre écologique?
Le charbon «sale»
Actuellement, la technique utilisée
dans les centrales au charbon consiste à brûler du charbon broyé, puis
à évacuer les gaz de combustion directement dans l’atmosphère.
L’énergie générée durant la combustion permet de transformer l’eau en
vapeur. Cette vapeur fait tourner une turbine qui entraîne un
alternateur et produit du courant électrique. Ce genre de centrales
obtient un rendement global d’environ 35 %, ce qui signifie aussi que
seulement le tiers de la pollution émise aura servi à produire de
l’électricité.
Bien que l’industrie implante déjà certaines
technologies afin de réduire les émissions de polluants, les gaz de
combustion restent considérablement nocifs. On retrouve notamment du
dioxyde de soufre (SO2) qui entraîne les pluies acides, de la suie et
de fines particules qui occasionnent des maladies des poumons, des
oxydes d’azote (NOx) qui causent le smog, du mercure qui peut provoquer
des dommages neurologiques chez les jeunes enfants et évidemment du
dioxyde de carbone (CO2), facteur majeur du réchauffement climatique.
Le charbon propre
Les
futures centrales au charbon devraient être beaucoup moins polluantes,
si l’on se fie à l’annonce du président Bush en 2003 quant au projet de
la FutureGen. Cette centrale expérimentale sera la toute première
centrale au charbon à produire de l’électricité et de l’hydrogène et à
faire de la séquestration de CO2. Prévue être fonctionnelle en 2012,
elle utilisera le procédé nommé Integrated Gasification Combined Cycle
(IGCC).
Dans le procédé IGCC, le charbon, au lieu d’être brûlé
directement, est oxydé afin de produire un gaz synthétique appelé
syngas. On extrait ensuite chimiquement le CO2 et l’hydrogène contenus
dans le syngas. Le CO2 est acheminé par pipeline à un lieu de stockage
et l’hydrogène est stocké dans des piles à hydrogène. Le syngas est
alors brûlé dans une turbine à gaz, ce qui produit de l’électricité. Le
cycle combiné permet de produire encore plus d’électricité en générant
de la vapeur avec les gaz de combustion qu’on envoie à une turbine à
vapeur. Le gouvernement américain estime atteindre une efficacité
d’environ 50 %, une progression significative par rapport au 35 % des
centrales traditionnelles.
Pour les autres polluants
atmosphériques, il est possible, par exemple, de réduire de 99 % les
émissions de SO2 en aspergeant du calcaire et de l’eau sur les gaz de
combustion. On obtient ainsi une poudre de gypse (sulfate de calcium)
qui peut être vendue à l’industrie de la construction. D’autres
procédés semblables sont disponibles pour réduire l’impact
environnemental de la combustion du charbon.
Quant au stockage
du CO2, la compagnie pétrolière norvégienne Norsk Hydro offre une
réponse : stocker le CO2 dans une nappe aquifère, à un kilomètre sous
le sol. La compagnie canadienne Encana suggère une autre approche
qu’elle applique déjà : injecter le CO2 dans un gisement de pétrole. Le
CO2 injecté aide à maintenir la pression du puits, ce qui facilite
l’extraction du pétrole. On pourrait donc séquestrer le CO2 afin de
produire plus de pétrole. Il fallait y penser!
Autre alternative,
le stockage océanique. En injectant le CO2 directement dans l’océan,
deux choses peuvent se produire. À une profondeur de un kilomètre, le
CO2 se dissoudrait dans l’eau et augmenterait graduellement l’acidité
de l’eau, ce qui pourrait nuire à certains organismes marins. La
deuxième option est de former un «lac» de CO2 à trois kilomètres sous
l’eau. À ces profondeurs, le CO2 injecté demeurerait à l’état liquide
et, plus dense que l’eau, il resterait théoriquement aux abîmes de
l’océan. Mais le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution
du climat (GIEC, organisme onusien) précise qu’il en est encore à
«l’étape de la recherche» dans le cas du stockage océanique.
Pour
ce qui est des risques de fuites, le GIEC estime que sur une période de
cent ans, les réservoirs géologiques pourraient retenir de 90 % à 99 %
du CO2 stocké. Puis il ajoute «qu’une concentration élevée de CO2 dans
le sous-sol peu profond peut avoir des effets mortels pour les plantes
et les animaux du sous-sol et contaminer les eaux souterraines et que
l’élévation de la pression attribuable à l’injection de CO2 pourrait
provoquer de petits phénomènes sismiques».
L’industrie et le
gouvernement américains fondent beaucoup d’espoir sur le charbon
propre. Le gouvernement canadien aussi. Sachant que le charbon propre
l’est autant que le gaz naturel, la question à se poser pourrait être :
est-ce «assez» propre? Sources : FutureGen, GIEC
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