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Ils sont tous regroupés au sein de l’OPABA (Organisation
professionnelle de l’Agriculture biologique en Alsace), à Colmar (tél :
03 89 24 45 35).
Depuis le 1er janvier 2005, le logo « AB » peut
être apposé sur les bouteilles de vins issus des raisins produits en
agriculture biologique.
Quid de la vinification
Le
Règlement européen de 1991 – nous y revenons ci-après – n’a pas établi
de cahier des charges à ce sujet et sa certification ne concerne que
les raisins. C’est la raison pour laquelle différents organismes
(Fédération nationale interprofessionnelle des vins de l’agriculture
biologique, Nature et Progrès, Déméter, Biodyvin, etc.) proposent des
chartes de vinification de droit privé, contrôlées pour certaines par
un organisme certificateur indépendant.
Autant dire que ce secteur
est en plein devenir, et il reste à espérer que des dispositions
inadéquates ne viennent pas soudain stériliser les remarquables efforts
désormais en cours d’accomplissement.
Comment situer la viticulture biologique ?
La
viticulture biologique qui, pour l’instant entre dans le seul cadre
juridique de l’agriculture biologique est régie par le Règlement
européen, déjà évoqué, du 24 juin 1991 (CE 2092/91), qui impose
notamment au viticulteur :
- d’avoir certifié son activité à la Direction départementale de l’agriculture et de la forêt,
- de cultiver les vignes sans produits chimiques de synthèse (pesticides ou engrais),
- de mettre en œuvre, trois campagnes durant, les règles de
l’agriculture biologique avant de pouvoir utiliser la mention « vin
issu de raisins de l’agriculture biologique »,
- d’être certifié par un organisme agréé par le Ministère de l’Agriculture.
Il
est certain qu’à terme les procédures de la viticulture bio dynamique
vont s’affiner par rapport à celles de l’agriculture biologique
proprement dite. D’ores et déjà, tous les vins issus de l’agriculture
biologiques sont contrôlés et certifiés chaque année.
C’est ainsi
que le taux de contrôle des viticulteurs bio est actuellement l’un des
plus élevés de tous les modes de production agricole.
La
viticulture biologique diversifie et segmente l’offre en vins et répond
à une réelle attente des consommateurs avertis ; elle préserve
également les nappes phréatiques des pollutions chimiques.
Les vins bio
Les
vins bio sont de plus en plus primés dans les concours de vins
(Concours général de Paris, Challenge international du vin, Concours
des Caves particulières, Chardonnay du monde, Concours national des
vignerons indépendants, etc.).
Aucun additif œnologique de synthèse ou activateur de fermentation ou autre ne doit intervenir dans la vinification.
Pour
leur part, les viticulteurs biologiques et biodynamistes alsaciens,
partisans d’une conduite exemplaire des vignes entendent également
apporter le plus grand respect aux raisins durant leur transport et
leur transformation ; l’œnologie biologique est avant tout préventive
et non corrective : la vitalité des sols, la santé des vignes et le
juste rendement permettant la parfaite maturité du raisin sont leur
véritable assise qualitative.
Quelques chiffres
L’Alsace compte pour l’heure 82 domaines viticoles soit déjà entièrement « bio » (50), soit en cours de conversion (32).
Les
surfaces impliquées sont de 822 hectares, dont 252 en conversion et le
volume des vins issus de raisins bio est de l’ordre de 50.000
hectolitres.
La part des vignes bio par rapport à l’ensemble des
vignes AOC Alsace et AOC Grands Crus en production conventionnelle
(15.305 hectares) est donc de l’ordre de 5,5 %. De même, le nombre de
viticulteurs bio (82) rapporté à l’ensemble des « autres » (4.656) nous
donne un pourcentage de 1,76 %.
Par ailleurs, les vignerons « bio » représentent 32 % des producteurs bio d’Alsace.
En guise de conclusion
Le
secteur économique de la viticulture bio (en Alsace mais aussi
ailleurs) peut paraître mince… pour le moment, mais « ouvre » sur
d’immenses potentialités. Nourritures et boissons industrialisées,
génératrices de monceaux de déchets et ayant un impact sur la santé
publique dont on est contraint de plus en plus de reconnaître le
caractère négatif (carences, obésité, troubles divers), dépasseront
bientôt en coût les profits qu’elles permettent de réaliser et le temps
n’est pas loin où leurs effets seront irréversibles. Les initiatives
d’orientation vers le biologique ne sont donc pas à mépriser en tant
que voie fort souhaitable et fort élégante de sortie… |