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Accueil arrow L'actualité arrow Canada - Quebec arrow Élimination du registre des armes d’épaule, Harper ne reconsidère pas
Élimination du registre des armes d’épaule, Harper ne reconsidère pas Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Omid Ghoreishi, La Grande Époque   
26-09-2006

Le premier ministre Stephen Harper a affirmé que son gouvernement n'allait pas reconsidérer l’élimination du registre des armes d’épaule, suite à la fusillade au Collège Dawson à Montréal.

Stephen Harper, premier ministre du Canada.
Stephen Harper, premier ministre du Canada. photo : Francis Madore/La Grande Époque

Lors de la reprise de la session parlementaire la semaine dernière, les partis d’opposition ont rapidement pointé du doigt M. Harper, disant que le Canada devrait renforcer son contrôle des armes à feu et que le registre a déjà prouvé sont efficacité à réduire les crimes commis avec ces armes.

«Cet événement tragique et la perte d’une vie nous ont tous attristés, cela a également renforcé l’idée qu’une culture permissive des armes à feu ne doit jamais prendre racine au Canada», a dit, le leader par intérim du parti libéral, Bill Graham.

Cependant, Stephen Harper a insisté que les lois actuelles et le registre des armes n’ont pas su prévenir l’incident au Collège Dawson et que son gouvernement désire utiliser d’autres moyens pour contrer la violence commise avec des armes à feu.

«Nous ne prenons aucun plaisir, de ce côté de la Chambre, d'avoir averti à répétition le gouvernement précédent au cours des dix dernières années que le registre des armes à feu ne pouvait prévenir ce genre d’événement», a répondu M. Harper, assurant que son gouvernement était déterminé à réduire les crimes violents avec des lois plus efficaces.

Le registre actuel d’armes à épaule, mis sur pied par le gouvernement libéral de Jean Chrétien en 1995, requiert que toute arme à feu sans restriction, incluant les fusils de chasse et les fusils à canon lisse, soit enregistrée auprès du gouvernement. Les libéraux avaient reçu une pluie de critiques après avoir révélé que le programme, qui devait coûter à l'origine 2 millions de dollars aux contribuables, avait finalement coûté près de 1 milliard de dollars.

Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a annoncé en mai dernier que les conservateurs avaient l’intention de se débarrasser du registre.

«Ce n'est simplement pas un programme rentable économiquement, c'est une dilapidation des fonds publics et cela n'a rien fait pour réduire la violence par les armes à feu au pays», mentionne John Williamson, le directeur de la Canadian Taxpayers Federation (Fédération canadienne des contribuables).

M. Williamson dit que les libéraux avaient l’intention de s’attaquer à la violence des armes à feu en tant que «problème urbain», mais la politique une fois mise en place a plutôt affecté le Canada «rural».

Les critiques notent également que plusieurs des armes à feu utilisées dans les crimes sont volées ou entrent clandestinement au pays par les États-Unis. Les fusils utilisés par Kimveer Gill à Montréal étaient tous légalement enregistrés à son nom.

Tony Bernardo, directeur exécutif de la Canadian Shooting Sports Association (l’Association canadienne sportive de tirs), croit que l’argent dépensé pour le registre aurait dû être utilisé d’une meilleure façon.

«C’est notre position que l’argent dépensé sur cela [registre des armes] aurait dû être investi dans des programme du système de santé pour aider à identifier les jeunes à problèmes avant qu’ils ne deviennent de vrais problèmes, comme [l’incident de] Montréal», croit-il.

Cependant, l’Association des chefs de police de l'Ontario (OACP) affirme que le registre des armes est un outil valable pour s’assurer le plus possible que les armes illégales ne se retrouvent pas dans la rue.

«Selon nous, le simple fait de dire que nous allons abandonner cet outil particulier est contre-productif», explique le directeur de l’OACP, Joe Couto.

«Je crois que le gouvernement a pris une décision basée sur des considérations politiques, au lieu de prendre une décision pratique pour la sécurité de la communauté.»

Selon les statistiques du Centre des armes à feu Canada, les policiers font en moyenne 6700 recherches par jour dans le registre. Cette information aide la police à répondre aux appels efficacement et les aide lors des enquêtes sur les crimes liés aux armes à feu, selon une déclaration sur le site Internet du Centre des armes à feu Canada.

«S’ils [les policiers] se rendent à un domicile où il y a une situation de violence familiale par exemple, on veut savoir si la personne possède une arme à feu… s’il y a un fusil dans la maison, il est possible qu'il soit accessible lors d’une situation critique, donc les agents de police peuvent aborder la situation un peu différemment», démontre M. Couto.

L’opposition au projet de loi des conservateurs pour l’abandon du registre est également forte au Québec où le sentiment d’un besoin de contrôle plus strict demeure élevé suite à la tragédie à Dawson. Après avoir rencontré la famille de la victime, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a dit qu’il ferait pression sur le gouvernement Harper pour qu’il laisse tomber la législation.

Les faits sur le registre des armes à feu

Coût initial du registre aux contribuables :
2 millions $

Estimation du coût actuel du registre :
1 milliard $

Nombre d’armes à feu enregistrées à travers le pays :
7 millions

Coût moyen d’un enregistrement :
143 $

Nombre d'homicides commis avec une arme à feu en
2004 :
172

Nombre de demandes traitées par les agents chargés de l’application de la loi depuis 1998 :
6,4 millions

Source : Centre des armes à feu Canada, Statistique Canada





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