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Des chercheurs, au niveau mondial, lancent un appel au secours pour les
amphibiens. Ils souhaitent la création d’un organisme international de
coordination destiné à la recherche, dans l’espoir d’assurer la survie
des batraciens. Cet appel, lancé par l’intermédiaire de la revue
Science, s’ajoute à une demande de fonds destinée à créer un service
qui se chargera de prévenir la disparition des amphibiens. Cette
instance devra permettre d‘assurer des actions de recherche, de
formation, de contrôle des maladies et de favoriser l’élevage
d’amphibiens ainsi que la création de centres mondiaux. |
Les amphibiens ont la peau sensible, ils vivent sur terre et dans l’eau, n’ont pas de pelage ou de plumage protecteur et leurs oeufs n’ont pas d’enveloppe extérieure dure. Dès lors ils sont très vulnérables à toute forme de pollution. Photo : Okan Cetinkaya/AFP |
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En effet, la
dégradation de la biodiversité est devenue irréversible et représente
une importante menace pour le développement durable et la qualité de
vie des générations futures, soulignent les experts.
La perte de la biodiversité et ses menaces sur la faune et la flore
affectent tout particulièrement les amphibiens de notre planète. Nous
savons qu’actuellement 5.743 espèces d’amphibiens sont répertoriées et
parmi celles-ci, 32,5 % sont menacées d’extinction et 122 sont déjà
portées disparues. Selon les déclarations du professeur Andrew
Blaustein de l’université de l’Etat d’Oregon, « nous traversons une
crise de la biodiversité mondiale, et les amphibiens semblent être les
plus touchés des espèces vertébrées, qui existent depuis plus de 300
millions d’années et qui ont survécu à de nombreuses autres
espèces.Toutefois, leur grande vulnérabilité nous apparaît désormais
clairement : les amphibiens ont la peau sensible, ils vivent sur terre
et dans l’eau, n’ont pas de pelage ou de plumage protecteur, et leurs
oeufs n’ont pas d’enveloppe extérieure dure. Dès lors ils sont
vulnérables à plus d’un titre. »
La liste rouge, publiée
chaque année par l’Union Européenne, avait souligné le 1er mai dernier
qu’un tiers des amphibiens était menacé d’extinction, ce qui est
considéré par les chercheurs comme l’indicateur le plus fiable sur la
détérioration de l’environnement.
L’altération environnementale est la cause essentielle de l’extermination des amphibiens : « rayonnement
ultraviolet, augmentation des polluants, des pesticides, réduction de
l’habitat en raison de l’agriculture et de l’urbanisation, espèces
intrusives (champignons, algues..). » La disparition des amphibiens
a aussi un impact sur les autres espèces et sur leur équilibre. En
effet, la biodiversité est la dynamique des interactions. En se
nourrissant d’insectes nuisibles, les amphibiens servent également
eux-mêmes de nourriture aux oiseaux, poissons et autres animaux. Nous
savons qu’en France, 50 % des zones humides ont aussi disparu en 30 ans
et que les espaces sauvages sont en déclin… Ces chiffres connus ne
disent pas tout car la biodiversité, c’est aussi des services de tous
ordres : nous nous soignons grâce à elle, elle permet le bon
fonctionnement des écosystèmes, facilite la fertilité des sols,
l’épuration des eaux, etc.
En mai 2006, la Commission
européenne fait des vœux pieux et souhaite arrêter cette chute
vertigineuse de la biodiversité d’ici 2010. Elle adopte de nouveaux
plans d’action car elle assure que « les écosystèmes sont dégradés
par l’homme, de manière accrue en Europe plus que sur les autres
continents et qu’il ne resterait que 3 % des forêts non modifiées par
l’homme en Europe occidentale et ceci depuis un demi siècle »...
L’Europe a par ailleurs perdu ses zones humides et ses terres agricoles
naturelles. Les écosystèmes marins de l’Union européenne sont aussi
dégradés, la plupart des grands stocks halieutiques marins se situant
sous les limites biologiques de sécurité. De plus, la diversité des
vies inférieures, comme les invertébrés et les microbes, a subi des
modifications suffisamment importantes pour s’en inquiéter. |