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Amphibiens : appel au secours Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
28-07-2006

 

Des chercheurs, au niveau mondial, lancent un appel au secours pour les amphibiens. Ils souhaitent la création d’un organisme international de coordination destiné à la recherche, dans l’espoir d’assurer la survie des batraciens. Cet appel, lancé par l’intermédiaire de la revue Science, s’ajoute à une demande de fonds destinée à créer un service qui se chargera de prévenir la disparition des amphibiens. Cette instance devra permettre d‘assurer des actions de recherche, de formation, de contrôle des maladies et de favoriser l’élevage d’amphibiens ainsi que la création de centres mondiaux.

Un batracien
Les amphibiens ont la peau sensible, ils vivent sur terre et dans l’eau, n’ont pas de pelage ou de plumage protecteur et leurs oeufs n’ont pas d’enveloppe extérieure dure. Dès lors ils sont très vulnérables à toute forme de pollution. Photo : Okan Cetinkaya/AFP
 

En effet, la dégradation de la biodiversité est devenue irréversible et représente une importante menace pour le développement durable et la qualité de vie des générations futures, soulignent les experts. 

La perte de la biodiversité et ses menaces sur la faune et la flore affectent tout particulièrement les amphibiens de notre planète. Nous savons qu’actuellement 5.743 espèces d’amphibiens sont répertoriées et parmi celles-ci, 32,5 % sont menacées d’extinction et 122 sont déjà portées disparues. Selon les déclarations du professeur Andrew Blaustein de l’université de l’Etat d’Oregon, « nous traversons une crise de la biodiversité mondiale, et les amphibiens semblent être les plus touchés des espèces vertébrées, qui existent depuis plus de 300 millions d’années et qui ont survécu à de nombreuses autres espèces.Toutefois, leur grande vulnérabilité nous apparaît désormais clairement : les amphibiens ont la peau sensible, ils vivent sur terre et dans l’eau, n’ont pas de pelage ou de plumage protecteur, et leurs oeufs n’ont pas d’enveloppe extérieure dure. Dès lors ils sont vulnérables à plus d’un titre. »
 
La liste rouge, publiée chaque année par l’Union Européenne, avait souligné le 1er mai dernier qu’un tiers des amphibiens était menacé d’extinction, ce qui est considéré par les chercheurs comme l’indicateur le plus fiable sur la détérioration de l’environnement.

L’altération environnementale est la cause essentielle de l’extermination des amphibiens : « rayonnement ultraviolet, augmentation des polluants, des pesticides, réduction de l’habitat en raison de l’agriculture et de l’urbanisation, espèces intrusives (champignons, algues..). » La disparition des amphibiens a aussi un impact sur les autres espèces et sur leur équilibre. En effet, la biodiversité est la dynamique des interactions. En se nourrissant d’insectes nuisibles, les amphibiens servent également eux-mêmes de nourriture aux oiseaux, poissons et autres animaux. Nous savons qu’en France, 50 % des zones humides ont aussi disparu en 30 ans et que les espaces sauvages sont en déclin… Ces chiffres connus ne disent pas tout car la biodiversité, c’est aussi des services de tous ordres : nous nous soignons grâce à elle, elle permet le bon fonctionnement des écosystèmes, facilite la fertilité des sols, l’épuration des eaux, etc.

En mai 2006, la Commission européenne fait des vœux pieux et souhaite arrêter cette chute vertigineuse de la biodiversité d’ici 2010. Elle adopte de nouveaux plans d’action car elle assure que « les écosystèmes sont dégradés par l’homme, de manière accrue en Europe plus que sur les autres continents et qu’il ne resterait que 3 % des forêts non modifiées par l’homme en Europe occidentale et ceci depuis un demi siècle »... L’Europe a par ailleurs perdu ses zones humides et ses terres agricoles naturelles. Les écosystèmes marins de l’Union européenne sont aussi dégradés, la plupart des grands stocks halieutiques marins se situant sous les limites biologiques de sécurité. De plus, la diversité des vies inférieures, comme les invertébrés et les microbes, a subi des modifications suffisamment importantes pour s’en inquiéter.





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