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Dans ce communiqué, l’ACIA indique que «les aliments du bétail issus
de ce végétal modifié ne présentent pas un risque significatif pour
l'environnement et ne présentent pas non plus de danger pour le bétail
consommant des aliments provenant de ce végétal, comparativement aux
variétés de riz actuellement commercialisées au Canada».
Le
Llrice62 ne pourra pourtant pas être cultivé au Canada à cause des
conditions climatiques inadéquates pour la culture du riz, ce qui
élimine la possibilité que cette variante de riz transgénique se
propage sur les champs canadiens.
Santé Canada ne s’est pas
opposé à l’autorisation du riz génétiquement modifié. D’après le
ministère, Llrice62 n’est pas toxique et «ne soulève aucune
préoccupation quant à son innocuité alimentaire humaine».
Cependant,
plusieurs questions se posent quant aux effets à long terme de
l’implantation d’OGM (organismes génétiquement modifiés) dans les
marchés alimentaires canadiens, et par rapport à la crédibilité du
gouvernement à cet égard.
«Comme il n’y a pas de ministre
directement responsable de l’ACIA, il y a moins de risque que le
gouvernement se fasse poser des questions embarrassantes à la Chambre
des communes», explique Éric Darier, porte-parole de Greenpeace en
matière d’OGM.
Le processus d’évaluation utilisé par l’ACIA est
l’équivalence substantielle, «l’approche la plus pratique» d’après
l’agence gouvernementale, où l’on compare les effets des végétaux
modifiés à leurs homologues classiques. Les critères incluent la
possibilité que le végétal se comporte comme une mauvaise herbe, son
incidence sur la biodiversité et sur des espèces non ciblées, comme les
êtres humains.
Selon M. Darier, cette approche «n’est pas un principe scientifique rigoureux».
En
2001, la Société royale du Canada, la plus haute instance scientifique
au pays, avait émis plusieurs recommandations défavorables à
l’équivalence substantielle. Le rapport de la Société royale du Canada
recommande l’application du «principe de précaution qui propose
qu'aucune nouvelle technologie ne doive être présumée sécuritaire en
l'absence de fondements scientifiques fiables permettant de conclure à
son innocuité».
Tandis que le Canada et les États-Unis se
prononcent de plus en plus pour les OGM, l’Union européenne solidifie
ses positions anti-OGM. En avril dernier, la Pologne avait interdit la
culture de semences OGM, et tout récemment, elle a interdit la
consommation d’aliments génétiquement modifiés chez les animaux.
Éric
Darier croit que l’exemple de la Pologne est encourageant. Il affirme :
«Le fait que la Pologne ait adopté des politiques de précaution en
matière d'OGM démontre que des gouvernements peuvent agir et empêcher
les risques associés aux OGM pour l'environnement et la santé.» Selon
lui, l’annonce par Québec de la création de la Commission sur l’avenir
de l’agriculture est un pas vers l’avant qui permettra aux citoyens
d’exiger des politiques de précaution en matière d’OGM.
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