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Accueil arrow Environnement arrow Le Canada ouvre la porte au riz OGM
Le Canada ouvre la porte au riz OGM Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
03-08-2006

 

 

Les Canadiens pourront, dans un avenir pas si lointain, se nourrir de riz génétiquement modifié, comme c’est déjà le cas pour plusieurs autres aliments dont le canola, le maïs, la papaye et la courge.

Une variante de riz transgénique, LLrice62 de l'entreprise Bayer CropScience, résistante aux herbicides de type glufosinate, a été autorisée pour consommation chez les humains et le bétail au Canada, indique un communiqué de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) publié le 22 juillet 2006.

Rizière
Jusqu’à aujourd’hui, trois brevets ont été attribués à des sortes de riz génétiquement modifiés. Au Canada, une de ces trois variantes, le LLrice62 de Bayer, pourra désormais être consommée autant par les humains que par les animaux. Photo : Photos.com
 

Dans ce communiqué, l’ACIA indique que «les aliments du bétail issus de ce végétal modifié ne présentent pas un risque significatif pour l'environnement et ne présentent pas non plus de danger pour le bétail consommant des aliments provenant de ce végétal, comparativement aux variétés de riz actuellement commercialisées au Canada».

Le Llrice62 ne pourra pourtant pas être cultivé au Canada à cause des conditions climatiques inadéquates pour la culture du riz, ce qui élimine la possibilité que cette variante de riz transgénique se propage sur les champs canadiens.

Santé Canada ne s’est pas opposé à l’autorisation du riz génétiquement modifié. D’après le ministère, Llrice62 n’est pas toxique et «ne soulève aucune préoccupation quant à son innocuité alimentaire humaine».

Cependant, plusieurs questions se posent quant aux effets à long terme de l’implantation d’OGM (organismes génétiquement modifiés) dans les marchés alimentaires canadiens, et par rapport à la crédibilité du gouvernement à cet égard.

«Comme il n’y a pas de ministre directement responsable de l’ACIA, il y a moins de risque que le gouvernement se fasse poser des questions embarrassantes à la Chambre des communes», explique Éric Darier, porte-parole de Greenpeace en matière d’OGM.

Le processus d’évaluation utilisé par l’ACIA est l’équivalence substantielle, «l’approche la plus pratique» d’après l’agence gouvernementale, où l’on compare les effets des végétaux modifiés à leurs homologues classiques. Les critères incluent la possibilité que le végétal se comporte comme une mauvaise herbe, son incidence sur la biodiversité et sur des espèces non ciblées, comme les êtres humains.

Selon M. Darier, cette approche «n’est pas un principe scientifique rigoureux».

En 2001, la Société royale du Canada, la plus haute instance scientifique au pays, avait émis plusieurs recommandations défavorables à l’équivalence substantielle. Le rapport de la Société royale du Canada recommande l’application du «principe de précaution qui propose qu'aucune nouvelle technologie ne doive être présumée sécuritaire en l'absence de fondements scientifiques fiables permettant de conclure à son innocuité».

Tandis que le Canada et les États-Unis se prononcent de plus en plus pour les OGM, l’Union européenne solidifie ses positions anti-OGM. En avril dernier, la Pologne avait interdit la culture de semences OGM, et tout récemment, elle a interdit la consommation d’aliments génétiquement modifiés chez les animaux.

Éric Darier croit que l’exemple de la Pologne est encourageant. Il affirme : «Le fait que la Pologne ait adopté des politiques de précaution en matière d'OGM démontre que des gouvernements peuvent agir et empêcher les risques associés aux OGM pour l'environnement et la santé.» Selon lui, l’annonce par Québec de la création de la Commission sur l’avenir de l’agriculture est un pas vers l’avant qui permettra aux citoyens d’exiger des politiques de précaution en matière d’OGM.

 




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