|
Écrit par Christine Modock, La Grande Epoque Martinique.
|
|
06-12-2006 |
|
Ce sujet inquiète au point que des états généraux ont été mis en place pour la réforme des prisons, dans l’espoir de lancer au moins une réflexion.
Les insuffisances du système carcéral pointent les limites de notre démocratie.
Il semble particulièrement difficile de gérer cette catégorie d’individus mis au ban de la société, que l’on est souvent tenté d’oublier, alors qu’une personne incarcérée demeure un citoyen à part entière. |
La dignité de chaque être humain devrait être préservée et ce quelque soit son statut dans la société. (Photos.com) | |
Dans le Nouvel Observateur, le Garde des Sceaux Pascal Clément a reconnu « avoir honte des conditions des prisons françaises ». Il demande de « poursuivre l’humanisation des établissements pénitentiaires ». Il est certain que cela coûte très cher et que les choix d’investissement se portent plus souvent vers d’autres secteurs. Toutefois, il faut se rendre à l’évidence qu’il devient urgent de prendre véritablement le problème « à bras le corps » si l’on souhaite apporter des réponses aux nombreuses difficultés que rencontrent les centres pénitenciers.
Si le rôle de la prison est avant tout de protéger la société française contre des individus dangereux, on perd de vue que ces individus perçus comme indésirables doivent faire l’objet de mesures de réinsertion. C’est cet aspect de la question qui est trop peu adressé dans notre système.
En effet, les pouvoirs publics n’ont pas véritablement intégré cette réinsertion comme mission prioritaire dans les prisons, la réinsertion reste un aspect secondaire de la politique pénale.
C’est en ce sens que l’Observatoire international des prisons, a interpellé les candidats à l’élection présidentielle pour qu’une profonde réforme du régime des prisons et des droits des personnes privées, fasse l’objet d’un thème majeur de leur campagne. Aussi les états généraux de la condition pénitentiaire préconisent-ils des mesures pour l’amélioration la vie des détenus. La principale disposition consiste à faire respecter les droits des détenus et de préparer leur réinsertion. Dans les 188 prisons françaises, les locaux sont majoritairement vétustes et surpeuplés. Les détenus vivent quelquefois dans des conditions insoutenables.
Les exigences ne sont pas énormes, mais elles ont un coût : il est réclamé le respect des droits élémentaires des détenus (santé, travail, formation), la prise en compte de l’état de ceux qui souffrent de troubles psychiatriques graves, qu’ils soient dirigés vers des hôpitaux spécialisés, l’amélioration des locaux, la lutte contre la surpopulation, l’instauration d’un organe de contrôle extérieur, qui ait un rôle de médiateur de la république.
Pour le président de la Cour de Cassation, l’existence d’un contrôle externe est un projet en cours. Toutefois la politique publique carcérale doit être basée sur deux aspects :
- la nécessaire dignité de l’homme par le respect de ses droits,
- la sévérité.
Il rappelle à cet effet que l’idée émise par la commission parlementaire d’élaborer un droit pénitentiaire doit faire son chemin.
La dignité de chaque être humain devrait être préservée et ce quelque soit son statut dans la société.
|
|