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Pour une raison ou une autre, le Canada semble perdre de sa popularité comme destination touristique aux yeux de nos voisins du Sud. En revanche, le nombre de Canadiens voyageant aux États-Unis – particulièrement vers les destinations chaudes, telles la Floride et l’Arizona – augmente, on peut attribuer ce fait à la force du huard.
Les véhicules font la queue à la frontière séparant Blaine, Washington, de White Rock, Colombie-Britannique. photo : Jeff Vinnick/Getty Images |
Dans l’ensemble, les visites au Canada ont chuté de 30 % selon un sondage réalisé en août dernier par Statistique Canada, et les voyages d’un jour en voiture ont diminué de près de la moitié lors des six dernières années, le niveau le plus bas depuis le début des enregistrements en 1972. Avec une industrie touristique de 62,7 milliards de dollars, employant près d’un demi-million de personnes, on comprend bien pourquoi la diminution des chiffres génère certaines inquiétudes.
Les experts concluent que plusieurs facteurs contribuent à la baisse du tourisme américain au Canada, le plus important serait l’appréciation du dollar canadien. D’autres éléments dissuasifs, tels que l’augmentation du contrôle de la sécurité – ce qui cause de longues files d’attente à la frontière – la confusion sur les pièces d’identité requises pour traverser ainsi que le prix élevé de l’essence.
Cependant, Darrell Bryan dénote un bémol en disant que ce ne sont que des facteurs et que la vraie raison pour laquelle l’industrie a ralenti ces cinq dernières années est le manque d’actions concrètes pour promouvoir le Canada comme destination attrayante à visiter, ainsi le Canada a disparu dans la mire de plusieurs Américains.
Bryan, qui gère le service des traversiers Clipper de Victoria, reliant la capitale provinciale à Seattle, croit qu’un meilleur marketing de la Commission canadienne du tourisme (CCT) et de la société de la Couronne, dont les fonctions sont de promouvoir le pays, de pair avec l’augmentation des efforts du secteur privé, contribueraient grandement à amener plus de touristes américains au Canada.
«Nous croyons que le marché des États-Unis a été pris pour acquis et que pas grand chose a été fait pour attirer les visiteurs américains au Canada», a dit Bryan. «On ne voit pas de distribution massive de publicités sur le marché américain.»
Bien que les Clipper aient été capables de compenser quelque peu la baisse du nombre de passagers par des offres spéciales et des incitatifs, Bryan déplore que certains transporteurs ont durement été frappés. «Nous ne faisons pas compétition aux autres transporteurs allant à Victoria ou sur l’île de Vancouver, nous faisons compétition aux autres destinations. Récemment, Alaska Holidays a fait la promotion de deux nuits à Reno – incluant les tarifs aériens et le transport en taxi pour 149 $ – c’est assez agressif.»
La course aux touristes
Le président et chef de la direction de l’Association de l’industrie touristique du Canada (AITC), Randy Williams, mentionne que le budget de la CCT a été coupé de 100 millions au cours des trois dernières années. Au même moment, une étude des Nations Unies démontre que la plupart des autres pays ont augmenté leur budget de promotion touristique de 11 %.
«Le marché du tourisme américain est courtisé par d’autres pays à un rythme plus élevé que jamais», dit Williams. «Nous avons les types de produits que les Américains recherchent, seulement, si vous n’en faites pas la promotion, ils ne seront pas au courant et conséquemment vous ne ferez pas de vente.»
Vu d’une manière positive, on prévoit que le tourisme intérieur demeurera constant grâce à une forte économie. Luba Plotnikoff, gestionnaire de voyages pour le tourisme d’Oceanside, île de Vancouver, dit que 2006 a été «une excellente année» pour la région d’Oceanside. Plotnikoff affirme que tout en continuant à recevoir des visiteurs de la Colombie-Britannique, la forte majorité des touristes de 2006 provient de l’Alberta et des provinces des Prairies.
Statistique Canada a également précisé qu’au cours des dernières années les Canadiens ont voyagé en nombre record vers les destinations à l’étranger, spécialement au Mexique, à Cuba et en République dominicaine. Bien que les visiteurs au Canada aient dépensé 4 milliards de dollars entre avril et juin 2006, les Canadiens ont dépensé 5,9 milliards de dollars à l’étranger – créant une balance déficitaire de 1,9 milliard de dollars.
Williams ajoute que, lors des requêtes pour obtenir plus de financement touristique, les libéraux –qui à ce moment-là étaient au pouvoir – ont fait la sourde oreille, il espère que le gouvernement Harper «verra le tourisme sous un jour nouveau».
Internationalement parlant, en tant que destination touristique, le Canada a glissé de la septième place qu’il occupait quatre ans plus tôt à la douzième place l’année dernière. Grâce au tourisme en provenance de l’Europe et de l’Asie, on s’attend quand même à ce que l’industrie du tourisme canadien augmente à peu près de 3 % cette année, cependant, ce taux est toujours bien en dessous de la croissance mondiale anticipée de l’industrie touristique de 4,6 %.
Où sont passés tous ces Américains?
À l’exception des voyages d’un jour, qu’advient-il des touristes américains qui ne viennent plus au Canada?
«Ils vont en Italie. Tout le monde va en Italie. L’Italie est tellement magnifique que les gens s’y rendent à plusieurs reprises», fait valoir Jennifer Halboth, gestionnaire marketing pour Globus, une agence de voyages située au Colorado.
Halboth affirme que l’Italie a surpassé la Grande-Bretagne depuis quelques années en tant que destination internationale de premier choix des voyageurs américains et elle est demeurée au sommet. Selon elle, à cause de sa nourriture, de sa mode et de son côté romantique, l’Italie a un avantage sur d’autres pays. En tant que «marché mondial italien – l’Italie déploie un flot constant de publicité sur le public américain – même si elle n’est pas juste à côté». Halboth croit que la génération X et les baby-boomers, ayant beaucoup voyagé tout au long de leur vie et ayant déjà visité leurs destinations favorites, sont maintenant en train de chercher des endroits plus exotiques. Elle dit que si le Canada désire attirer cette catégorie de voyageurs internationaux, il sera peut-être nécessaire de promouvoir d’autres aspects que «la police “montée” et le hockey».
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