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J’ai non seulement reçu de nombreuses lettres
détaillant cela, mais j’en ai aussi personnellement été témoin lors de
mon récent voyage. En tant que citoyen et avocat, je prends la
responsabilité des conséquences légales d’exposer au grand jour ce dont
j’ai été témoin.
Le 15 octobre, j’ai rencontré Xu Chengben, qui vit dans
l’agglomération de Wendeng, dans la province de Shandong. Lors de notre
rencontre, il m’a dit : « Le cadavre de ma femme He Xiuling est
resté dans la chambre froide de la police pendant presque deux ans,
attendant d’être enterré. Ils l’ont torturée pendant une longue période
de temps jusqu’à ce qu’elle finisse par mourir. Il est absurde qu’ils
n’aient pas réussi à clore cette affaire après deux ans. J’ai pu juste
l’apercevoir brièvement avant qu’elle ne soit torturée à mort. »
« Lorsque
je l’ai vue, elle n’avait plus ses esprits. Elle était attachée à un
lit et menottée, ne portant rien sur la partie inférieure de son corps.
Mon cœur s’est presque brisé à voir celle que j’aime ayant été si
cruellement torturée. Ils ont été suffisamment inhumains pour me
chasser hors de la pièce après tout juste quelques minutes. Elle
n’avait que quarante ans. C’est ce que j’ai vu lorsque la police m’a
demandé de la regarder. »
Ma femme a été arrêtée cinq fois
avant sa mort. Elle a été une fois emprisonnée dans l’agglomération de
Jinzhou dans la province de Liaoning pendant trois mois. Après avoir
été arrêtée pour être allée demander justice à Pékin, elle a été
enfermée dans les toilettes d’un hôtel dans le district de Zhifou. Il
était loué avec un bail à long terme exclusivement pour détenir les
pratiquants de Falun Gong arrêtés. Les toilettes faisaient moins de
trois mètres carrés, pourtant seize personnes étaient détenues
là-dedans.
Plusieurs d’entre elles ne pouvaient à peine
respirer. Parce que j’ai insisté, le cadavre de ma femme a été soumis à
une autopsie après sa mort, mais ils ont refusé de m’en donner le
résultat. Chaque fois que je le leur demandais ils se contentaient de
me répondre : « Elle est morte d’avoir pratiqué le Falun Gong. »
Lin
Jixiao, une pratiquante de Falun Gong d’une quarantaine d’années,
vivait au village de Dachuang dans la région administrative de Songcun
dépendant de l’agglomération de Wendeng. Après avoir été appréhendée le
28 septembre, elle a été envoyée dans un centre de détention. Elle y a
fait une grève de la faim. Lorsque sa famille a voulu la voir, ils ont
dit qu’elle avait été transférée au Camp de travail forcé de Wangcun.
Mais selon ceux qui venaient juste d’être relâchés du camp, elle était
encore à l’intérieur et à l’article de la mort.
Lorsque nous nous
sommes précipités au Centre de lavage de cerveau de Wangcun, on a dit
aux membres de ma famille qu’elle n’était pas là. Nous sommes alors
allés au Bureau 6-10 mais ils ont dit que ma femme avait été transférée
à la ville de Qingdao. Encore aujourd’hui nous ne savons pas si elle
encore vivante, ni même où elle se trouve.
Xiao Yong, qui vit
dans le district de Fusan, agglomération de Yantai, province de
Shandong, est une personne décente jouissant d’une bonne réputation,
mais il a été condamné à trois ans et demie de prison en juillet
dernier, simplement pour avoir pratiqué le Falun Gong pendant quelques
jours. Yang Kemeng est un étudiant de seconde année au Département
d’ingénierie automobile de l’Institut de technologie de Harbin, branche
de Weihai. Il était un excellent étudiant et aimé de tous à l’Institut,
des étudiants jusqu’au président. Sa déclaration de retrait de la Ligue
communiste de la jeunesse (CYP) sur un site Internet est devenu un
sujet de préoccupation toute particulière pour un fonctionnaire du
Comité Central permanent du PCC.
Comme il n’avait pas spécifié
le nom de l’Institut dans sa déclaration, le Bureau 6-10 a lancé une
campagne à l’échelle nationale pour filtrer tous les sites Internet des
collèges et des universités. Il a été identifié par le personnel du
Bureau 6-10 de Weihai en mai. Lorsqu’on lui a demandé s’il pratiquait
le Falun Gong et s’il avait bien quitté la CYP, il a répondu : « je quitterais ce qu’il me plait de quitter. »
Lorsque
les cours ont commencé le 20 août, le personnel du Bureau 6-10 est venu
à l’Institut pour l’interroger de nouveau. Il a été arrêté le 29 août,
mais ses parents n’en savaient rien avant un coup de fil passé à sa
résidence universitaire.
Le 7 septembre, ses parents, Yang
Piggang et Chang Lijun, le couple Wang Shengli et Mme Wang de la ville
de Jining ont été arrêtés en même temps. Personne ne sait où ils se
trouvent actuellement.
Ce qui précède est ce que j’ai appris de la bouche d’un professeur du nom de Wang.
Gu
Junxi, 58 ans, vivant dans le comté de Fugou de la province de Henan, a
été illégalement arrêté par la police locale le 18 août 2005. Il est
mort après avoir été torturé pendant plus de dix jours. Lorsque les
membres de sa famille ont demandé une autopsie pour déterminer la cause
de la mort, le cadavre a été incinéré sans permission par la police
locale. La police a dit : « Il est totalement inutile de demander justice aux autorité de Pékin ».
À
minuit le 12 septembre 2005, plusieurs policiers ont fait une descente
dans la résidence de Shilei (pseudonyme) dans le district de Dongshan,
agglomération de Guangzhou. Sans aucune explication, ils ont kidnappé
Shilei et se sont enfuis. La femme de Shilei gémissait au bout du fil :
« mon mari n’a même pas eu le temps de mettre ses chaussures. Après
avoir descendu les escaliers et être montés dans le bus, ils ont
commencé à le battre. Le bruit des coups me brisait le cœur. Me Gao, je
suis impuissante ! Nous n’avons eu depuis aucune nouvelle des
fonctionnaires ».
Le 6 septembre 2005, Duan Sheng (m.) et
He Li (f.), tous deux pratiquants de Falun Gong dans l’agglomération de
Shijiazhuang, ont été arrêtés et on ne sait rien de leur situation
jusque présent.
À la veille du 1er octobre, Jour national de la
Chine, une arrestation de pratiquants de Falun Gong à grande échelle a
eu lieu dans la ville de Pékin et dans la province de Heilongjiang. Il
y a eu un pic d’arrestations au moment où M. Hu Jintao visitait les
pays étrangers en septembre. Toutes ces arrestations ont été menées en
plein jour. Ces incidents sont des faits bruts et ne peuvent pas être
dissimulés.
Monsieur Hu et Monsieur Wen, veuillez noter que la
persécution infligée par certaines autorités locales à nos compatriotes
du Falun Gong n’a rencontré aucun obstacle. Nous ne pouvons pas
accepter le fait qu’une violence aussi barbare et inhumaine se produise
encore en Chine au 21ème siècle.
À travers cette catastrophe
endurée par les pratiquants de Falun Gong, nous avons une fois de plus
la douleur de reconnaître que les victimes de cette calamité ne sont
plus confinées seulement à ces croyants de la liberté et aux membres de
leurs familles. L’atrocité prolongée contre les compatriotes du Falun
Gong a enlevé toute humanité à ceux qui prennent part à cette
persécution. Les fonctionnaires et le personnel du gouvernement qui ont
mené le lavage de cerveau ont complètement oublié tout sens de la
décence et de la moralité.
La torture inhumaine expérimentée
par la pratiquante de Falun Gong He Xiuling, avant sa mort, restera
pour toujours gravée dans la mémoire des êtres humains du futur.
Lorsque les membres de sa famille, après qu’ils aient été finalement
autorisés à la voir à la morgue alors qu’on la considérait comme morte,
ont remarqué des larmes coulant du coin de ses yeux, ils ont demandé en
pleurant au médecin des secours d’urgence. L’indifférence peu commune
du médecin a acculé les membres de la famille au désespoir.
Avec
l’aide d’un de leurs co-villageois qui connaissait le docteur, ce
dernier a finalement fait amener un appareil d’examen médical. Le
résultat a indiqué que le cœur de He Xiuling battait encore. Au lieu de
secourir son patient comme l’aurait fait n’importe quel médecin dans
des circonstances normales, la réaction immédiate du docteur a été de
déchirer en morceaux l’électrocardiogramme imprimé et de s’enfuir en
murmurant : « je n’ai rien vu. Je ne sais rien. » He Xiuling est alors morte, les membres de sa famille désespérés l’entouraient en larmes.
Je
ne sais pas ce que vous ressentez à apprendre les faits décrits plus
haut. Les vraies victimes de ce désastre, ce sont les valeurs
séculaires de notre nation, et l’image morale de ces gouvernements du
monde demeurés honteusement silencieux ou ignorants de ce désastre.
La Chine est un des pays à avoir signé la “Déclaration Universelle des Droits de l’Homme”, qui stipule :
“Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.”
“Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.” et
“Toute
personne a droit à un recours effectif devant les juridictions
nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux
qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.”
L’Article 33 de la Constitution de la Chine proclame aussi :
“L’État respecte et préserve les droits de l’homme. ”
Quelle
que soit la loi concernée, qu’il s’agisse de la loi internationale ou
de la loi fondamentale de la Chine, personne ne sera autorisé à violer
les droits de l’homme de ses concitoyens ou de les persécuter
impitoyablement quelle qu’en soit l’excuse. Me basant sur la croyance
dans les valeurs universelles et le respect qui convient en agissant
conformément à la loi, je vous exhorte solennellement à cesser
immédiatement de persécuter les croyants de la liberté, à renouer vos
liens avec les citoyens chinois et à appliquer les politiques d’
“autorité conformément à la loi” et “d’autorité conformément à la
Constitution.” La Chine devrait être reconstruite sur le canevas de la
démocratie, en dirigeant conformément à la loi et en gouvernant selon
la constitution.
En mettant ceci en pratique, vous recevrez le soutien sans limite des citoyens chinois et des gens du monde entier.
Pour
finir, j’aimerais demander votre garantie que les individus chinois
mentionnés dans cette lettre ouverte n’auront pas à souffrir d’une
autre série de persécutions inacceptables. Hao Qiuyan, une pratiquante
de Falun Gong de Shijiazhuang, a souffert près de huit mois
d’emprisonnement illégal à cause d’une de mes précédentes lettres
ouvertes. Dans les jours à venir tant que je jouis encore de la
sécurité, je continuerai à veiller sur leur sécurité. En tant que
citoyen chinois et en tant qu’avocat, je suis habilité à le faire bien
qu’aujourd’hui en Chine ce soit sous la menace d’un grand danger.
Très sincèrement vôtre,
Gao Zhisheng
Le 18 octobre 2005 à Pékin
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