L’Association Falun Gong France a fait savoir dans un
communiqué de presse daté du 23 septembre que le gouvernement chinois a
adressé sans justification une fin de non-recevoir à la commission
rogatoire internationale (CRI) envoyée par une juge française. Les
accords de coopération judiciaire franco-chinois signés en grande pompe
pas plus tard que l’année dernière en prennent un coup.
Cette CRI,
émise le 12 juillet 2004 par la juge Noria Faucherie du Tribunal de
Grande Instance de Paris, demande l’ouverture d’une enquête interne en
Chine sur diverses allégations de torture. Elle fait suite aux plaintes
déposées en France par des pratiquants du mouvement spirituel Falun
Gong, pour torture et complicité de torture. Ces plaintes visent en
particulier l’ancien chef du « bureau 610 », un organe illégal du
gouvernement chinois agissant comme une Gestapo et mandaté pour
organiser la persécution du Falun Gong. Le Ministre de la culture
chinois, Sun Jiazheng, est également visé par une plainte qui l’accuse
d’avoir activement participé à la campagne de diffamation et
d’incitation à la haine dirigée contre le Falun Gong. Cette campagne
diffusée par les médias chinois est parfois reprise telle quelle à
l’étranger.
Les membres du Falun Gong, pratiquants d’une
gymnastique traditionnelle chinoise empreinte de spiritualité
bouddhique, sont devenus la cible principale des attaques du régime
communiste chinois depuis une manifestation pacifique organisée en
avril 1999 à Pékin. Des milliers de sympathisants de cette méthode
auraient depuis été torturés à mort par les autorités chinoises. Par
ailleurs, ces mêmes autorités reconnaissent avoir emprisonné plus de
100 000 pratiquants de Falun Gong.
Maître William Bourdon et
Maître Georges-Henri Beauthier, tous deux artisans des procès contre le
général Pinochet au Chili, commenteront jeudi 29 septembre cette
procédure lors d’une conférence de presse à Paris.