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Le Parti communiste chinois craint les «Neuf commentaires»
L’imposant blocus d’Internet effectué par le Parti communiste chinois
(PCC) a fait l’objet d’une enquête approfondie par plusieurs
universités reconnues dont le Harvard Law School. L’étude révèle que
les «Neuf commentaires sur le Parti communiste chinois», d’abord
publiés par la version chinoise de La Grande Époque, fait partie d’un
des deux sujets les plus enclins à la suppression sur Internet. Elle
démontre également que 90 % des sites en chinois sur les «Neuf
commentaires» sont bloqués.
Le nombre de sites Internet bloqués en
Chine se situe dans la centaine de milliers. Compte tenu que le PCC a
fait des «Neuf commentaires» un des deux sujets principaux à supprimer
sur Internet, cela peut laisser présager l’impact de cesdits
«commentaires» en Chine. En effet, depuis la publication de ces
«commentaires» en novembre 2004, plus de 1,5 million de personnes ont
quitté le PCC. Le nombre de démissions continue d’augmenter à un rythme
d’environ 20 000 par jour.
John G. Palfrey Jr. a présenté l’étude
au U.S.-China Economic and Security Review Commission hearing on
China’s State Control Mechanisms and Methods. M. Palfrey est le
directeur exécutif du Berkman Center for Internet & Society au
Harvard Law School. Son équipe était composée de chercheurs de
l’Université de Toronto et de l’Université de Cambridge. Ils ont
effectué des tests empiriques rigoureux sur le filtre Internet du
régime chinois au cours des dernières années.
Quant aux méthodes
d’évaluation, l’étude indique : «Pour déterminer efficacement ce qui
est bloqué, nous avons créé une liste de mots-clé concernent des sujets
délicats, tels que le mouvement spirituel Falun Gong, le mouvement
d’indépendance de Taiwan et les critiques sur le gouvernement chinois
et ses dirigeants. Nous avons utilisé l’outil de recherche Google pour
compiler une liste d’un grand nombre de sites contenant ces mots-clés.
Ensuite, nos volontaires à l’intérieur de la Chine ont essayé d’accéder
à ces sites en utilisant notre logiciel d’évaluation.»
Certains autres résultats de la recherché indiquent que :
– 82 % des sites testés contenant une version dérogatoire du nom de Jiang Zemin (ancien Président chinois) sont bloqués;
– 44 % à 73 % des sites testés, qu’ils soient en anglais ou en chinois, sur le Falun Gong sont bloqués;
–
90 % des sites reliés à la recherche «Massacre de Tiananmen» et au
moins 48 % des sites en chinois sur les manifestations du 4 juin 1989
sur la Place Tiananmen sont bloqués;
– presque la totalité du contenu Internet de la BBC et la plupart du contenu Internet de CNN sont bloqués.
Par
ailleurs, un des résultats intéressants de l’étude est relié à la
justification du blocus par le PCC, dont certains ont appelé «le Grand
Firewall de Chine». Le PCC clame depuis le début que le blocus Internet
a été créé pour le bien-être du peuple chinois pour le protéger
d’informations «subversives» et nocives, comme par exemple les sites
pornographiques. Toutefois, l’étude, qui est sans cesse en évolution et
continuellement mise à jour, a recensé que «[…] moins de 10 % des sites
reliés aux recherches des mots-clé ‘sexe’, ‘pornographie’ et ‘nudité’
étaient bloqués», suggérant que «[…] bloquer la pornographie est loin
d’être une priorité comme celle de museler les opinions politiques en
Chine.»
Même les blogs (éditeurs en ligne) n’échappent pas à la
censure. Quand ces derniers sont devenus populaires en 2004, le PCC a
fermé les plus importants fournisseurs de blogs. Ils ont pu poursuivre
seulement lorsqu’ils se sont dotés de codes spécifiques permettant de
détecter, de bloquer ou d’éditer des mots jugés sensibles. Un système
similaire existe aussi pour bloquer les courriers électroniques qui
contiennent des termes sensibles.
L’étude relate donc que l’Internet connu et utilisé par les Chinois est grandement différent que celui du reste du monde.
Un
grand nombre de lois et de décrets ont été créés pour appliquer le
blocus. Toutefois, rien ne décrit spécifiquement la manière dont le PCC
les appliquera, lui laissant le chemin libre pour combler les besoins
de suppression du régime.
Dans le but de faciliter l’énorme tâche
de contrôler strictement le deuxième plus grand bassin d’utilisateurs
d’Internet (après les États-Unis), le système judiciaire du PCC a
imposé de force la coopération de la société en général. Ceci est fait
en imposant une responsabilité légale à tous ceux impliqués dans la
dissémination d’information prohibée. La responsabilité légale est
applicable au créateur du contenu, au fournisseur de services et à
l’utilisateur. Cette menace de responsabilité légale qui ratisse large
semble efficace. Elle force les gens à être sur la défensive, dans le
cas où ils seraient sans le savoir ou par erreur devenus impliqués dans
la transmission d’information bannie.
L’étude en cours recueille
des informations sur le blocus Internet du PCC depuis 2002. Il est
mentionné : «En comparaison, le régime de filtre Internet de la
République populaire de Chine a l’impact le plus marqué sur la liberté
d’expression que tous les autres régimes à travers le monde.» Et ces
mesures extrêmes sont dues «à la peur viscérale de la Chine des effets
de la liberté et de l’ouverture des communications rendues possible par
l’Internet».
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