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Les révélations récentes dans les médias concernant l'espionnage mené
par la Chine sur le territoire canadien n'ont point été une surprise
pour moi. Le chiffre de mille espions opérant sur le territoire
canadien a été mentionné par les personnes qui ont récemment abandonné
leurs postes diplomatiques ou les services secrets. Cependant, selon
mon opinion, ce chiffre est bien au-dessous de la réalité, car il ne
tient pas compte des innombrables citoyens ordinaires utilisés comme
espions non professionnels par le gouvernement chinois. Peu de gens
sont au courrant de cette pratique typiquement communiste : transformer
en espion potentiel tout citoyen qui va étudier, travailler ou
s'établir a l'étranger.
Étant née dans un ex-pays communiste, la
Roumanie, j'ai connu personnellement cette situation. En 1984, lorsque
j'ai obtenu la permission de quitter le pays (signée par Elena
Ceausescu en personne), la police secrète m'a convoquée dans une
chambre d'hôtel pour me demander de «servir» ma patrie en espionnant
dans mon pays d'accueil. Ils m'ont demandé de surveiller mes
compatriotes roumains, de fournir des informations sur les activités de
la compagnie où j'allais travailler et aussi de pousser la compagnie à
signer des contrats avec la Roumanie si une opportunité se présentait.
J'ai été complètement choquée par cette demande, car secrètement
dénoncer les autres constituait la chose la plus inacceptable et
honteuse pour moi. J'ai tout de suite compris que cette pratique était
courante chez la police secrète. En conséquence, même à l'étranger,
dans la communauté roumaine, personne ne faisait confiance à personne,
car il était très difficile de savoir qui avait succombé aux pressions
des agents. Paradoxalement, cette méfiance se ressent jusqu'à nos
jours, après la chute du régime communiste qui a fait de la communauté
roumaine une des plus démantelées et désunies au monde.
Personnellement, j'ai toujours évité toute activité sociale au sein de
la communauté roumaine, et lors de mes visites au pays je passais tous
les jours enfermée chez mes parents de peur de rencontrer les agents de
la police secrète, et ceci, jusqu'en 1989.
Le démenti de
l'ambassade de Chine concernant cette pratique d'espionnage est juste
une façon de duper les gens. Qui pourrait les croire? Certainement pas
les gens qui viennent des ex-pays communistes. Un régime hautement
nationaliste et assoiffé de pouvoir comme le communisme va toujours
essayer d'utiliser tous les moyens pour assurer sa domination. La seule
différence que je vois entre la Chine et mon pays natal, c'est la
taille de son territoire et l'étendue de son influence mondiale.
Tolérer de telles pratiques venant d'une puissance mondiale comme la
Chine peut s'avérer catastrophique pour le futur de l'humanité.
Des
millénaires de luttes et de sacrifices ont été nécessaires à l'humanité
pour atteindre le stade où on considère une vie humaine précieuse.
L'être humain peut enfin exprimer librement sa pensée et parler sans
peur d'être opprimé.
Échanger ces acquisitions sans prix de
l'humanité contre de l'argent et du profit ne pourra certainement pas
se faire sans affecter la démocratie. Il n'y a pas d'excuse pour le
manque de fermeté et l'autosuffisance du gouvernement canadien face à
de telles pratiques qui ne respectent pas la souveraineté nationale et
les valeurs d'une société libre par peur de perdre un contrat
d'échange. C'est toujours quand on regrette qu'il est trop tard.
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