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Nul doute que mercredi, les journaux chinois mettront cet évènement à la une, photo du modèle à l'appui.
Zhao
Ziyang fut Premier ministre puis secrétaire général du Parti communiste
chinois (PCC). Il n'a eu droit qu'à trois lignes dans la presse, mardi,
qui soulignent l'embarras profond du gouvernement, bientôt seize ans
après le massacre de Tiananmen que l'ancien protégé de Deng Xiaoping
avait tenté d'éviter.
Aucune photo de Zhao n'a été publiée. Il
n'y en avait pas eu durant les quinze ans et demi qu'il a passés en
résidence surveillée.
L'information minimale sur sa mort a été
enterrée en dernière page ou en pages intérieures des journaux, des
plus officiels aux plus indépendants, rappelant que tous les médias
chinois restent aux ordres pour les nouvelles politiques.
Sur l'internet aussi, les discussions à propos de Zhao Ziyang sont interdites.
Les
autorités n'ont certes pas eu d'autre choix que de lever le tabou sur
le nom de Zhao, après sa mort, mais les fonctions qu'il a occupées
n'ont pas été mentionnées par peur de rouvrir le débat sur une période
noire de l'histoire du pays.
En 2005, le régime se refuse encore
à réviser son verdict sur cette tragédie, de même que sur le rôle joué
par l'ex-dirigeant réformiste, limogé pour avoir "soutenu les émeutes"
et s'être opposé à l'intervention de l'armée qui a fait des centaines,
voire des milliers de morts le 4 juin 1989.
Le sujet est
particulièrement sensible. L'actuel Premier ministre, Wen Jiabao, est
un ancien bras droit de Zhao, qui, contrairement à son mentor, a
poursuivi sa carrière politique et gravi les échelons.
Interrogé
à plusieurs reprises mardi, lors d'un point de presse régulier, le
porte-parole du ministère des Affaires étrangères a répété que les
autorités avaient fait le bon choix en 1989.
"Il y a déjà eu
une conclusion finale sur les troubles politiques survenus dans les
années 80 et ce qui est arrivé à M. Zhao Ziyang", a déclaré Kong Quan, ajoutant qu'il n'avait "aucune information" sur les funérailles de l'ancien dirigeant.
Selon
des proches de la famille, certains amis et parents ont été autorisés à
venir se recueillir dans la maison du défunt, près de la Cité interdite.
"La famille n'a pas abandonné l'idée d'organiser des obsèques",
a indiqué le Centre pour la démocratie et les droits de l'homme, basé à
Hong Kong, faisant état de "pressions" qu'auraient reçues ses enfants
et sa femme pour que l'adieu soit le plus discret possible,
contrairement à la tradition.
Non loin du domicile de l'ancien
leader, sur la place Tiananmen, le Monument aux héros du peuple était
particulièrement bien gardé par la police.
C'est au pied de cette
stèle que les premières couronnes de fleurs avaient été déposées en
avril 1989 après la mort d'un autre dirigeant réformiste, Hu Yaobang,
prélude au mouvement monstre qui allait se terminer en boucherie.
Mardi, le quartier des universités était calme. Les vacances d'hiver des étudiants débutent cette semaine.
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