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Atteindre le paroxysme de l'horreur : l'histoire se répète |
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Écrit par Candice Delabbaye, Interview de la sinologue Marie Holzman
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31-03-2006 |
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Hôpital de Sujiatun, habritant le camp de concentration de Sujiatun à Shenyang, dans la Province de Liaoning au Nord de la Chine
Le 18 mars, Marie Holzman, sinologue spécialiste de la Chine
contemporaine a été interviewée lors d’une manifestation dénonçant la
récente découverte d’un camp de concentration en Chine. Elle est
également auteur, traductrice et enseignante à l’université Paris VII.
Voici comment elle a réagi à la nouvelle de la découverte du camp de
concentration Sujiatun dans la ville de Shenyang de la province de
Liaoning. Elle qualifie l’information d’« effrayante ».
Marie Holzman a lu cette information rapportée par Dajiyuan
(version en langue chinoise de La Grande Époque). Voici sa réaction à
propos du silence médiatique sur cette découverte macabre : «
Cette nouvelle est absolument stupéfiante, extrêmement inquiétante et
j’aimerais beaucoup pouvoir la lire dans d’autres médias que La Grande Époque, pour que nous puissions à la fois en parler plus largement et mieux comprendre ce qui se passe. »
Selon
elle, la situation en Chine est alarmante surtout si l’on s’en tient à
l’état de la liberté de la presse et le sort réservé à nos confrères : «
on a assisté ces derniers mois à un très grand nombre d’arrestations,
un très grand nombre de condamnations. Des condamnations très lourdes :
certaines allant jusqu’à 8, 10, 12 ans de prison sous prétexte que les
journalistes en question auraient trahi les secrets d’État alors qu’en
fait ils ne faisaient que dévoiler des scandales ou des horreurs qui se
seraient déroulées sous leurs yeux », rapporte-t-elle. « Je
suis très inquiète de voir cette évolution qui me donne l’impression
que le pouvoir chinois est en train de s’orienter vers une sorte de
criminalisation. »
Elle analyse le déclin du régime
communiste comme étant un gouvernement de plus en plus mafieux qui a
recours à la force et à la violence pour maintenir son pouvoir. Elle se reporte pour cela aux répressions féroces « dans plusieurs provinces de Chine où des paysans se sont faits attaqués par des personnes qui n’étaient pas des policiers. »
Ces paysans tentaient de garder leurs terres pour s’opposer au projet
immobilier décidé contre leur gré. Alors que les paysans occupaient
leurs terres, les autorités locales ont alors envoyé des milices armées
qui n’ont pas hésité à tirer sur les propriétaires des terres pour
réprimer leur opposition au projet immobilier et les contraindre à la
confiscation de leurs terres. Marie Holzman note la
particularité de ce régime qui fait appel à des réels gangs mafieux
pour régler ses comptes avec les citoyens qui oseraient défier le
régime par le simple fait d’exprimer leur désaccord. « Par exemple,
ce ne sont plus des policiers ou des gardiens de prison qui frappent
les prisonniers mais de simples voyous, des membres d’une milice
secrète, des espèces de mafias du crime qui sont utilisées pour
réprimer les manifestations. » Selon elle, ce développement de la
mafia dans les diverses répressions menées par le gouvernement
communiste à l’heure actuelle est le symptôme alarmant d’un régime en
dérive. Cela révèle deux phénomènes : « L’un est que le pouvoir a de
plus en plus de mal à mettre ses actes en accord avec ses paroles
puisque bien sûr il se réclame du droit mais il ne l’applique pas. La
deuxième dérive est cette espèce de violence qu’on observe partout et
qui semble montrer que le pouvoir chinois est en fait devenu
extrêmement faible et extrêmement vulnérable s’il est obligé d’utiliser
ce genre de procédé qui ne devrait même pas exister au XXIème siècle. »
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