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Nos correspondants en Chine ont fait le test :
appeler différents hôpitaux pour connaître la procédure des
transplantations, les délais, les prix. Florilège parmi les premières
réponses reçues.
Un hôpital dans l'agglomération de Guangzhou
Le demandeur : Combien de temps dois-je attendre pour un rein ?
Le médecin : Environ une semaine après votre entrée à l’hôpital.
Le
demandeur : Mais je dois avoir un rein vigoureux et en bonne santé, et
j’en veux un d’un donneur vivant. Vous n’allez pas me donner un rein
d’une personne morte, n’est-ce pas ?
Le médecin : Évidemment, on vous donnera un rein de bonne qualité !
Le demandeur : En avez-vous comme ceux dont j’ai entendu parler, de ces gens du Falun Gong ?
Le médecin : Ceux que nous avons dans notre hôpital sont tous de cette sorte.
Une clinique de Tianjin
Le
demandeur : Le médecin m’a dit que le rein est très bon et vient d’une
personne qui pratique le qigong. J’ai demandé quel genre de qigong, et
il m’a dit que l’homme pratique le Falun Gong. Il paraît que ceux qui
pratiquent le Falun Gong sont en bien meilleure santé.
Le médecin :
Bien sûr. Nous avons aussi des reins provenant des pratiquants de Falun
Gong ici. Nous prélevons les reins des gens qui respirent encore ou
dont le coeur bat encore. En 2006 nous avons déjà eu environ une
dizaine de ce genre de cas… Bien sûr, la santé du donneur est un
facteur très important. Le donneur doit être jeune et en bonne santé.
De plus, la période pendant laquelle on a coupé l’approvisionnement de
sang tiède au rein doit être réduite au minimum ou même réduite à zéro.
Dans leur cas, il n’y a aucune coupure d’alimentation de sang tiède
(autrement dit, les rein sont prélevés sur des personnes vivantes,
ndlr).
Un hôpital dans la province de Shandong
Le demandeur : Je veux un rein de quelqu’un qui pratique le Falun Gong, un qui soit totalement sain.
Le
médecin : Bon… Nous aurons un grand nombre de donneurs comme ceux-là en
avril. Le nombre de ces donneurs s’accroît graduellement.
Le demandeur : Pourquoi en aurez-vous plus en avril ?
Le
médecin : Je ne peux pas vous dire cela parce que cela implique… De
toute façon, ce n’est pas nécessaire d’entrer dans les détails. Je ne
peux pas entrer dans les détails avec vous.
Des experts parlent de Sujiatun
Dr. Tom Diflo, directeur de l’unité de transplantation rénale, centre médical de l’Université de New-York :
«
D’après ce que je sais du gouvernement chinois, ce ne serait pas
surprenant qu’ils cherchent à dissimuler ces informations, et qu’il
prélèvent des organes comme cela. Je suis sûr qu’ils ne voudraient pas
que cela se sache… C’est sans doute la plus grave violation des droits
de l’homme que je puisse imaginer ».
Harry Wu, président de la Laogai Research Foundation (référence internationale sur les camps de travaux forcés en Chine) :
«
En Russie il y avait des goulags, en Allemagne ils ont eu les camps de
concentration, et en raison du silence de la communauté internationale
beaucoup de gens y sont morts… Nous devons réaliser que nous avons
l’obligation d’empêcher de telles choses de se produire... Et ce n’est
pas seulement le Falun Gong. Ce système [de prélèvement d’organes]
existe en Chine. C’est le Falun Gong que le Parti communiste chinois
craint le plus parce qu’ils ont un système de croyance différent, autre
que le communisme ».
Nina Shea, Freedom House :
« Au
vu des écrits d’Harry Wu sur le prélèvement d’organes de prisonniers
exécutés en Chine, ces informations doivent être prises au sérieux et
étudiées ».
Lord Avebury, vice-président et fondateur du groupe parlementaire britannique sur les droits de l’homme :
«
Il est choquant d’entendre les allégations de l’existence d’un camp de
concentration secret à Sujiatun en Chine, qui aurait détenu plus de
6.000 pratiquants de Falun Gong, et aurait prélevé leurs organes. Cette
pratique, assassiner des personnes qui exercent paisiblement leur
liberté de croyance et d’expression, et vendre leurs organes, si son
existence se confirme, est le comportement le plus barbare et le plus
inhumain qu’on puisse imaginer ; c’est totalement inacceptable dans le
monde d’aujourd’hui ».
« Il faut en parler à haute voix,
condamner cette brutalité plutôt que de rester silencieux pour garantir
des gains commerciaux ou politiques ».
Matt Gnaizda, correspondant à Los Angeles
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