Des Maasai brutalement expulsés et emprisonnés
Écrit par Survivalfrance.org   
09-09-2009

En Tanzanie au Sud ou au Kenya au Nord, les Maasai sont en grande. Ici un jeune Maasai est arrêté après une descente de la police anti-émeutes kenyane qui a violemment dispersé les quelques 200 membres de sa tribu Maasai et leurs chefs en 2004. Ces Maasai réclamaient la restitution d’environ un million d’hectares de terres qui avaient été louées aux colons britanniques il y a un siècle. Or le bail a expiré au 15 août et le gouvernement a refusé d’aider les Maasai à récupérer leurs terres.
En Tanzanie au Sud ou au Kenya au Nord, les Maasai sont en grande. Ici un jeune Maasai est arrêté après une descente de la police anti-émeutes kenyane qui a violemment dispersé les quelques 200 membres de sa tribu Maasai et leurs chefs en 2004. Ces Maasai réclamaient la restitution d’environ un million d’hectares de terres qui avaient été louées aux colons britanniques il y a un siècle. Or le bail a expiré au 15 août et le gouvernement a refusé d’aider les Maasai à récupérer leurs terres. (SIMON MAINA/AFP)
Le 4 juillet, des forces de police anti-émeutes de Tanzanie, armées jusqu’aux dents, ont mis le feu à des fermes et des réserves de nourriture maasai pour les expulser de leur terre ancestrale. Des milliers de Maasai se retrouvent aujourd’hui privés de leur bétail dans un contexte de sécheresse aiguë. Ils ont été chassés de leurs villages afin de créer une réserve de gibier pour la compagnie Otterlo Business Corporation (OBC). Huit villages maasai dans la région de Loliondo en Tanzanie ont été entièrement brûlés, laissant 3.000 personnes sans nourriture, sans eau et sans abri.

 

Un Massai a déclaré: «Aujourd’hui notre terre nous est volée pour pouvoir investir dans la chasse touristique de luxe.»

 

Survival a également reçu des rapports inquiétants concernant des femmes massai qui auraient été violées et sévèrement battues lors des expulsions. Une femme a témoigné: «Deux hommes armés m’ont pourchassée et forcée à m’allonger; au même moment six hommes les ont suivis et ils m’ont tous violée.»

 

Otterlo Business Corporation serait liée aux familles royales des Émirats arabes unis, organisant des safaris privés et ayant acquis depuis 1992 des droits de chasse à Loliondo, au nord de la Tanzanie. Cette région est traditionnellement un territoire maasai, mais depuis que la compagnie a obtenu la concession, elle utilise la région pour la chasse au gros gibier. La concession de chasse a gravement restreint l’accès de ces terres aux Maasai qui ne peuvent plus faire paître leur bétail et entraîne de fortes tensions entre eux et l’OBC.

 

Les incendies de villages ont maintenant cessé. Mais dès qu’un Maasai fait paître son bétail dans la zone de chasse d’OBC, il est arrêté. Cinq personnes ont déjà été jugées sans avoir pu bénéficer du droit de défense ou de caution et ont été emprisonnées pendant six mois. Dix autres Massai devaient comparaître ce 24 août.

 

Les puissantes compagnies de safaris ont depuis longtemps déjà un impact sur la vie des peuples indigènes de Tanzanie. En 2007, les chasseurs-cueilleurs hadza ont échappé de peu à l’expulsion d’une partie de leurs terres ancestrales, la compagnie Tanzania UAE Safari Ltd s’étant finalement retirée de sa concession de chasse dans la vallée de Yaida, suite à la mobilisation des Hadza, des organisations indigènes et de Survival.
 





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